
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" >

<channel>
	<title>Carnet 10 &#8211; Mille Camps et Plus</title>
	<atom:link href="https://mille-camps-et-plus.fr/carnet/carnet-10/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://mille-camps-et-plus.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Sun, 21 Feb 2021 15:45:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>
	<item>
		<title>Everest, échelle 1/100</title>
		<link>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/everest-echelle-1-100/</link>
					<comments>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/everest-echelle-1-100/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Van Leckwyck]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jul 1950 10:41:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet 10]]></category>
		<category><![CDATA[Normandie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://mille-camps-et-plus.fr/?p=1732</guid>

					<description><![CDATA[13 au 16 Juillet 1950 &#8211; Pont d’Ouilly – Le Bô &#160; Nous roulons vers la Suisse Normande. C’est l’appellation traditionnelle de cette partie de la vallée de l’Orne et...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><span style="text-decoration: underline;">13 au 16 Juillet 1950 &#8211; Pont d’Ouilly – Le Bô</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous roulons vers la Suisse Normande. C’est l’appellation traditionnelle de cette partie de la vallée de l’Orne et de la région qui l’entoure. Mais pour un extrémiste comme moi ceci n’est pas encore assez pompeux et j’ai trouvé, après coup d’ailleurs, ce terme encore plus prestigieux d’Everest, échelle 1/100,</p>
<p>Il est très tard dans la nuit et même maintenant, très tôt dans le matin. Mais, grâce au café absorbé ; je tiens à peu près le coup au volant du Corbillard. Et je cherche à ne pas songer à la réaction désagréable que ce dopping me produit habituellement le lendemain.</p>
<p>La 4CV fonce sans encombre dans la nuit et l’itinéraire ne présente guère de difficultés. Ce n’est qu’à Pont Erambourg, sur le Noireau, que les Blier et moi, réunis pour les trois jours de congé du 17 Juillet, commençons à vasouiller à la perfection. Finalement je me réoriente et reprend la route en dépit des protestations de Jean qui s’arrache les cheveux, persuadé que je me trompe encore. Il se trouve que j’ai raison et je triomphe encore avec plus ou moins de discrétion.</p>
<p>Voici Pont d’Ouilly et la route qui nous permettra de longer l’Orne auprès de laquelle nous voulons camper.</p>
<p>Un chemin assez raide descend vers la rivière et la petite Renauld s’y engage avec prudence. Comme ce n’est pas ce qu’il nous faut, nous repartons en marche arrière. Ou plus exactement nous essayons de repartir, car avec un merveilleux à propos, c’est le moment choisit par le moteur pour nous informer qu’il n’en veut plus.</p>
<p>Comme je suis le seul à prétendre m’y connaître un peu en mécanique je dois soutenir cette réputation : lourde responsabilité. Je tripote un peu différents organes sans autre résultat que de me salir atrocement les doigts. Des déductions, que j’espère faire passer pour savantes, m’ont fait penser que nos ennuis venaient de la pompe à essence. Je me mets donc en devoir de démonter. Icelle sous la pluie qui tombe depuis peu, d’une part, et, d’autre part, sous l’œil de Jean où le scepticisme le dispute à l’angoisse. Quant à Marcelle, avec un sang-froid digne d’éloges, elle dort, répandue sur la banquette arrière et je l’envie bougrement.</p>
<p>Dieu qu’il y a des vis dans cette mécanique. Je souffle dans différentes tubulures pour éventuellement les déboucher. C’est un exercice que j’affectionne tout particulièrement pour les délicieux rots à l’essence qu’il détermine par la suite.</p>
<p>Après un bout de temps, le moteur est toujours silencieux et moi j’ai envie de l’être moins. Aussi devons-nous capituler sur le terrain mécanique. La Renault descend en roue libre le raidillon pour aboutir au bord de l’Orne. Brusquement une lueur, sans doute de génie, traverse mon cerveau : l’essence n’arriverait-elle pas en raison de la trop forte pente ? Un coup de démarreur et, le ronronnement que j’ai parfois qualifié d’odieux charme mes oreilles. Il a bonne mine le mécano !</p>
<p>Un demi tour où les roues avant plongent dans les ronces pendant que celle d’arrière baignent presque dans la rivière, et hop ! nous voilà repartis… Presque de suite nous trouvons un endroit pas mal du tout à quelques mètres du bord de l’Orne au bout d’un chemin pierreux où cahotte notre Corbillard.</p>
<p>Bientôt les deux itisas sont dressées dans un pré fauché.</p>
<p>Sous mon home de toile, je fais l’expérience que le mélange café-fort-essence est peu propice au sommeil et je passe un reste de nuit un peu agité.</p>
<figure id="attachment_1733" aria-describedby="caption-attachment-1733" style="width: 197px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-1733" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-197x300.jpg" alt="l’agréable paysage qui nous entoure" width="197" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-197x300.jpg 197w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-672x1024.jpg 672w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-768x1170.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-1008x1536.jpg 1008w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-scaled.jpg 1344w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-005-1320x2011.jpg 1320w" sizes="(max-width: 197px) 100vw, 197px" /></a><figcaption id="caption-attachment-1733" class="wp-caption-text">l’agréable paysage qui nous entoure</figcaption></figure>
<p>Ce matin le ciel paraît avoir usé toute son eau pendant la nuit, car le soleil brille sur l’agréable paysage qui nous entoure.</p>
<p>Je vais chercher du lait à une ferme proche, puis, pendant que Jean s’occupe du reste, je pars garer la voiture à Pont d’Ouilly. Là, je complète notre ravitaillement, et rentre à pied au camp qui n’est qu’à un ou deux kilomètres de la localité.</p>
<p>Nous démarrons alors tous les trois vers l’amont où nous avons rendez-vous avec les fameuses gorges de Saint Aubert.</p>
<figure id="attachment_1734" aria-describedby="caption-attachment-1734" style="width: 223px" class="wp-caption alignright"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-1734" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006-223x300.jpg" alt="Partie nautique" width="223" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006-223x300.jpg 223w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006-760x1024.jpg 760w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006-768x1035.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006-1140x1536.jpg 1140w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-006.jpg 1248w" sizes="(max-width: 223px) 100vw, 223px" /></a><figcaption id="caption-attachment-1734" class="wp-caption-text">Partie nautique</figcaption></figure>
<p>Ici, une parenthèse s’impose pour préciser notre situation vis-à-vis de ces lieux.</p>
<p>Il y a un an, jour pour jour, deux canoéistes-martyrs trainaient leur embarcation au fond du lit d’une Orne à moitié sec. Leur canoë, leurs pieds et leur orgueil souffraient de ce manque d’eau à un point que l’on imaginera sans peine. Or, à l’entrée des Gorges de Saint Aubert, les difficultés rencontrées jusque là s’étaient révélées des hors d’œuvre et de véritables enfantillages à côté de ce qui les attendait. Ils avaient dû, la mort dans l’âme, la rage au cœur et le canoë sur le chariot, abandonner la partie nautique pour une randonnée pédestre sans gloire à côté du sport exaltant auquel ils s’attendaient dans les gorges.</p>
<p>Ces deux vaincus, c’étaient Jean et moi. La reconnaissance à pied, mal dirigée, sans carte ou presque, avait sombré dans le ridicule car nous n’avions même pas vu ces fameuses gorges. Défaite sur toute la ligne.</p>
<p>Quelques mois plus tard, je prenais ma revanche parcourant à pied, dans les deux sens. Mais Jean, absent ce jour là, était resté sur sa faim et conservait le goût amer de la défaite.</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-008-scaled.jpg" rel="grid-67" class="item view" title="Jean, était resté sur sa faim et conservait le goût amer de la défaite"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-008-scaled.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-007.jpg" rel="grid-67" class="item view" title="Jean, était resté sur sa faim et conservait le goût amer de la défaite"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-007.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-009.jpg" rel="grid-67" class="item view" title="Terre promise"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-009.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>C’est pourquoi aujourd‘hui, les Patagons, au complet, revenaient pour effacer tout souvenir non glorieux, et pour fouler le sol de cette terre promise qui avait jusqu’ici résisté à la valeur de certains d’entre eux.</p>
<p>Nous voici donc tous les trois, longeant la rivière qui décrit ici de vastes méandres pour se faufiler parmi les croupes qui l’enserrent. Nous nous élevons aux flancs de collines à allures de montagnettes qui la bordent et d’où la vue est très belle sur les rochers qui, un peu partout, montrent leur couleur rouge sombre.</p>
<p>Le ciel est devenu menaçant depuis un moment et un grain s’annonce. Nous le voyons tomber suffisamment de loin pour avoir le temps de chercher un abri. Quelques buissons au bord de cette route nous en fournissent un pendant que Zeus ouvre ses vannes. Une fois assis, la trop courte nuit se rappelle à nous par une lassitude insinuante qui rend la tête lourde. Mais le soleil reparait et force nous est de chasser ces velléités de sommeil.</p>
<p>Nous quittons la route pour un chemin de terre, puis c’est un parcours tout terrain et il devient délicat de s’orienter exactement.</p>
<p>Voici une habitation où une dame nous donne très aimablement de l’eau… et quelque indications pour nos repérer. Non loin de l’Orne nous nous arrêtons pour déjeuner pendant que le Bon Dieu, se croyant sans doute encore au mois de Mars, liquide son stock de giboulées.</p>
<p>Nous comptions suivre les berges de la rivière, mais les prés non encore fauchés la cernent de partout. Soucieux de gâcher le foin, nous nous demandons par où passer. Le repas terminé, une reconnaissance faite nous indiquera qu’en longeant les rives de très près il n’y aura pas trop de mal pour le fourrage. Il n’en est pas de même pour nos jambes, par exemple. Les orties, par endroits d’une généreuse abondance, ne manquent pas de nous saluer d’une manière un peu trop familière.</p>
<p>La rive droite, que nous suivons, devient bientôt un maquis horriblement « poignaçant » et nous décidons un passage à gué pour gagner l’autre rive qui parait plus hospitalière.</p>
<p>Pieds nus sur les cailloux raboteux ce n’est pas toute douceur, mais l’eau froide est un soulagement sur les piqures d’orties. L’arrivée sur l’autre rive est rendue sportive par quelques ronces artificielles qui trainent négligemment dans les parages.</p>
<p>Après ceci, un léger détour nous est recommandé par un pêcheur aimable (ou farceur ?) qui nous parle d’un taureau qui occupe un pré voisin. Comme nos conceptions du camping ne cadrent pas du tout avec celles des courses de taureaux, nous nous éloignons avec fermeté et discrétion de l’endroit signalé.</p>
<p>Et voici, dans son très joli cadre de verdure le Pont de la Forêt. C’est ici, aux portes des gorges de Saint Aubert que nous avons prévu le camp de ce soir. Anicroche imprévue : les foins ne sont pas encore coupés. Nous cherchons donc aux environs et l’île auprès du pont est bien tentante mais… il y a les occupants. Séparées seulement par un étroit bras de la rivière, des vaches sont juste à côté. Et les traces laissées disent assez qu’elles franchissent souvent ce fossé.</p>
<p>Pour réduire les risques (tragique réminiscence d’un camp attaqué en pleine nuit par les bovins), il est décidé qu’on ne montera qu’une tente : la mienne, qui est la plus grande et la plus solide.</p>
<p>Je laisse aux Bliers le soin d’établir le camp, car moi une autre mission m’attend. Je dois regagner ce soir Pont d’Ouilly pour y reprendre la 4 CV qui, conduite ici, sera ainsi à pied d’œuvre demain matin. Bien que je compte suivre les routes les plus rapides, cela représente quand même une dizaine de kilomètres. Avant de partir je m’administre un casse croute ce qui me rend les forces nécessaires. Départ. Je n’ai pas de sac et les bornes défilent avec moins de peine que je le pensais. Vers le Mesnil-Villement, une camionnette me transportera sur les quatre derniers kilomètres. Car l’auto stop n’est pas toujours méprisable et dans le cas présent en particulier.</p>
<p>Ma petite Renault gagne dans le soir et me voici bientôt de retour auprès de mes amis. Horreur et damnation ! Le diner n’est pas encore prêt. Les cuisiniers plaident non coupables car le bois de chauffage convenable est rare dans ce coin.</p>
<figure id="attachment_1738" aria-describedby="caption-attachment-1738" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-scaled.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-1738 size-large" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-1024x659.jpg" alt="Le soleil qui règne à nouveau" width="1024" height="659" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-1024x659.jpg 1024w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-300x193.jpg 300w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-768x494.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-1536x989.jpg 1536w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-scaled.jpg 2048w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-010-1320x850.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption id="caption-attachment-1738" class="wp-caption-text">Le soleil qui règne à nouveau</figcaption></figure>
<p>Je suis le seul à apprécier les haricots verts demi-cuits, c’est-à-dire demi-crus.</p>
<p>Puis nous nous couchons en adressant de ferventes prières à Sainte-Bougeotte, patronne des randonneurs, pour que les vaches nous accordent une nuit paisible.L’ennemi bovin ne s’est signalé par aucune activité offensive. De plus le ciel est bleu. Conclusion. La vie est belle.</p>
<p>Je vais encore abandonner mes coéquipiers pour faire la manœuvre inverse d’hier. Je conduis la voiture au Pont de Sainte-Croix à l’autre bout des gorges où nous le retrouverons ce soir. Pendant cette expédition le ciel me présente un échantillonnage assez complet de la collection d’été de la Maison Zeus, Dieu, Allah et Compagnie. J’ai tour à tour soleil, temps couvert, crachin, pluie.</p>
<p>Quand j’arrive au camp, c’est le soleil qui règne à nouveau et il nous permet quelques photos.</p>
<p>Et voici la revanche, les Patagons vont attaquer les Gorges de Saint Aubert !</p>
<figure id="attachment_1739" aria-describedby="caption-attachment-1739" style="width: 202px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-1739" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-202x300.jpg" alt="Les vaillants conquérants des gorges" width="202" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-202x300.jpg 202w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-690x1024.jpg 690w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-768x1139.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-1036x1536.jpg 1036w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-scaled.jpg 1381w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/11/010-011-1320x1958.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px" /></a><figcaption id="caption-attachment-1739" class="wp-caption-text">Les vaillants conquérants des gorges</figcaption></figure>
<p>L’offensive se dessine bientôt et l’assaillant enlève les premiers retranchements. La résistance est d’ailleurs mole et, seules, quelques orties esquissent une contre attaque, mais en vain. L’avance se poursuit victorieusement et de nombreux souvenirs sont faits prisonniers par les Patagons.</p>
<p>Des indigènes font leur soumission et, en signe de paix, offre de l’eau au commando vainqueur alors qu’il traverse une ferme.</p>
<p>Mais la bataille n’est pas terminée : les appareils mitraillent et l’enthousiasme des randonneurs éclate aux bons moments.</p>
<p>Pour regrouper les forces on décide un temps d’arrêt dans un pré au bord de l’eau où l’on s’installe pour déjeuner. Les vaillants conquérants des gorges y reprennent souffle.</p>
<p>Puis on repart de l’avant !</p>
<p>Encore un kilomètre de progression facile, puis, voici une résistance plus efficace qui se manifeste. C’est un vaste réseau de défenses à base de rochers, de ronces et d’orties. L’assaut sera-t-il repoussé ? Les renseignements recueillis au cours de la reconnaissance précédente indiquent que c’est là la dernière barrière opposée à l’avance patagonne. Aussi, en dépit de l’opposition renforcée, le commando durcit son effort et progresse dans un paysage très sauvage.</p>
<p>Bientôt l’issue de la lutte n’est plus douteuse car la fin des Gorges est proche et une percée victorieuse est réussie à travers une armée d’élite d’orties géantes qui est décimée après un rude combat.</p>
<p>Les Patagons, couverts de gloire et de sueur débouchent dans les prés qui annoncent le Pont la Sainte Croix.</p>
<p>Les Gorges de Saint Aubert ont trouvé leurs maitres !&#8230;</p>
<p>Après ce morceau de bravoure, nous dégustons dans le café où est garé la 4 CV une triste bibine qui est, paraît-il, du cidre bouché.</p>
<p>Puis, promenade motorisée jusqu’au Bô où nous laissons à nouveau la voiture dans un jardin de restaurant-épicerie-mercerie-café-bar-hôtel-etc ce qui, entres autres avantages, lui permettra de sécher intérieurement car Jean a eu l’adresse discutable d’y renverser en partie une boîte de lait condensé sirupeux à souhait.</p>
<p>Il est déjà tard et la fatigue se fait sentir pour tout le monde aussi le chemin que nous grimpons est-il parcouru assez péniblement.</p>
<p>Enfin, voici le haut de la butte et nous atteignons le sentier qui borde le fait des Rochers du Vey. J’ai également parcouru cette région en solo il y a peu de temps, mais outre que je la revois avec plaisir, je suis heureux de la faire découvrir à mes amis qui l’ignoraient ainsi que le reste de la Suisse Normande.</p>
<p>Les Hauteurs du Vey tombent sur l’Orne très abruptement sauf dans leur partie basse encombrée d’éboulis qui rappelle, en plus modeste, la disposition géologique des reculés du Jura. La roche a une belle teinte rouge sombre où la végétation rabougrie en majorité : fougères, bruyères, ajoncs.</p>
<p>Ce soir le vent souffle et le ciel est menaçant aussi nous souhaiterions un abri pour installer le camp. Un petit bois nous le fournira et nous bénéficierons d’un camp « comme ça ».</p>
<p>Ce matin, ciel peu encourageant. Nous ne sommes pas très matinaux car la journée d’hier demandait du repos aussi nous musardons un peu. Je vais jusqu’à une ferme proche me procurer un peu de ravitaillement et j’en trouve, mais dans quelle épouvantable saleté ! Enfin ! un appétit de randonneur ne se laisse pas rebuter par de semblables détails…</p>
<p>Notre route est toute tracée : un sentier bien foulé suit le haut des rochers et nous n’avons qu’à nous laisser guider par lui et nous nous extasions en chœur sur le panorama découvert. Voici maintenant la pluie qui nous salue pendant notre descente sur le village du Vey : ce n’est qu’une brève averse et après avoir fait le plein d’eau à une ferme somptueuse nous repartons sous le soleil.</p>
<p>Toujours suivant mes anciennes traces, nous nous dirigeons vers le Pain de Sucre, une des principales collines de la région, mais alors que je l’avais joint par une progression patagonne peut-être, mais épouvantable à travers d’impitoyables ajoncs sur la crête des rochers, nous y parviendrons, cette fois, par un sentier qui s’élève paisiblement à leur flanc. Ce n’est que vers la fin de la montée que nous retrouverons les redoutables ajoncs.</p>
<p>Au somment du Pain de Sucre, nous nous amusons un peu à lire la carte que le paysage étend sous nos yeux, mais la pluie nous chasse et nous descendons vers l’Orne.</p>
<p>Un pré en bordure de la rivière sera notre lieu de déjeuner. Non sans peine nous trouvons du bois qui veuille bien brûler et profitons d’une éclaircie ensoleillé pour faire la cuisine. Il faut faire très vite car le temps s’obscurcit à nouveau. Pour finir nos beefsteaks seront transformés en ragoûts tant la pluie ajoutera de sauce dans la poêle.</p>
<p>Malgré ces incidents humides le moral est excellent et nous nous étranglons en mangeant tant nous rions du spectacle que nous offrons en déjeunant sous l’averse, plus ou moins protégés par nos capes imperméables, qui ruissellent dans nos assiettes qu’elles sont censé protéger.</p>
<p>Il est malheureusement trop tard pour que nous passions tous par Clécy, petite ville restée sympathique dans mes souvenirs. Aussi, je me dévoue une fois de plus, pour aller seul chercher la voiture, et je retrouverai les autres non loin d’ici. Puis je me ravise et rappelle mes amis : après tout autant aller ensemble un bout de chemin encore et ils m’attendront au bord de l’Orne un peu plus loin.</p>
<p>Nous longeons encore quelques endroits pittoresques puis je laisse mes amis et continue seul vers le Bô, Marcelle étant décidemment trop fatiguée pour aller plus loin. Il faut dire à sa décharge qu’elle attend un bébé et que cette défaillance est explicable. Ouvrons une parenthèse anticipative pour dire que trois semaines plus tard elle fera encore mieux, et nous nous retrouverons en randonnée alpestre !! Une femme de Patagon, quoi…</p>
<p>Sans sac à dos, je vais d’un pas rapide et un raccourci pittoresque me dépose presque au pont du Bô.</p>
<p>Rejoindre le café. Acheter quelques vivres. Prendre la voiture. C’est tôt fait. Je retrouve ensuite mes coéquipiers et, tous ensemble, nous roulons vers le retour en échafaudant des projets pour revenir dans cette Suisse Normande qui, relativement proche de Paris, offre de si jolis paysages au relief si accidenté qui entretiennent en nous la nostalgie de la vraie montagne.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/everest-echelle-1-100/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>On retrouve la Bergeronnette</title>
		<link>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/on-retrouve-la-bergeronnette/</link>
					<comments>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/on-retrouve-la-bergeronnette/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Van Leckwyck]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 1950 15:16:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet 10]]></category>
		<category><![CDATA[Ile de France]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://mille-camps-et-plus.fr/?p=1673</guid>

					<description><![CDATA[23 au 25 Juin 1950 &#8211; Courteron à l’Allemagne (Haute Seine) Il y avait longtemps que nous n’avions pas fait de croisière canoë Jean et moi, et la Haute Seine...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><span style="text-decoration: underline;">23 au 25 Juin 1950 &#8211; Courteron à l’Allemagne (Haute Seine)</span></p>
<p>Il y avait longtemps que nous n’avions pas fait de croisière canoë Jean et moi, et la Haute Seine dont nous avions entendu dire pas mal de choses tentantes nous attendait.</p>
<p>Voilà pourquoi ce vendredi soir, la 4 CV avec la Bergeronnette sur le toit roule vers l’est.</p>
<p>Jean conduit tant que la visibilité reste bonne puis voici la nuit qui demande des reflexes plus prompts que ceux d’un chauffeur aussi peu confirmé et je reprends le volant.</p>
<p>Du café noir absorbé en doses massives me préserve du sommeil mon grand ennemi pour la conduite nocturne. A tel point qu’une fois à destination et l’itisa montée à deux pas de la voiture j’aurais bien du mal à m’endormir.</p>
<p>Au matin, ciel non découvert mais pourtant en progrès sur la pluie d’hier soir. Nous mettons le canoë à l’eau où il gonflera ses clins pendant que Jean commence le chargement. Quant à moi je pilote la Renault une trentaine de kilomètres en aval où nous devons la retrouver demain soir.</p>
<p>L’aller est sans histoires. Je gare dans la cour d’un café restaurant puis repars sur l’interminablement rectiligne route nationale espérant en le « stop » pour me ramener à Courteron où j’ai laissé Jean. Trains et autocars ont des heures défavorables pour moi.</p>
<p>Un ou deux kilomètres de footing avec essais infructueux puis une voiture s’arrête : c’est celle de mon garagiste. Il me véhicule encore quatre ou cinq bornes mais ne va pas plus loin : c’est toujours ça de pris. De nouveau la route à pied et les automobilistes qui me dépassent ont des cœurs de pierre ou sont complets. Tout d’un coup une somptueuse Chevrolet américaine s’arrête et un sympathique jeune couple me convie à poser mes hémisphères sur les luxueux coussins de cuir.</p>
<p>Pendant que l’aiguille du compteur oscille entre 100 et 120 je tiens le crachoir suivant les principes du parfait stoppeur-pique-assiette classique. Louanges discrètes et de bon ton sur la voiture, paroles à base de miel et sourires aimables. Coup d’œil à la plaque de propriétaire : Manon de Montbrison à Neuilly. Juste ciel ! Je suis tombé sur du sang bleu. Manon elle-même m’offre des cigarettes blondes (sur lesquelles j’avais distraitement posé mon céans tout à l’heure). Voici des hôtes agréables et charmants.</p>
<p>Mais à la vitesse où nous allons, voici déjà le coin où j’ai laissé Jean. Ce dernier parait légèrement suffoqué de me voir descendre de ce somptueux équipage. Remerciements. Ronds de jambes. Tape amicale au gigantesque boxer. Très régence…</p>
<p>Et maintenant à nous les pelles ! Nous embarquons et de suite un petit rapide timide cherche à nous rappeler que la Haute Seine se classe dans les rivières sportives.</p>
<p>Courant agréablement vif. Paysage fort joli. Mais… la Bergeronnette présente une fâcheuse analogie avec une baignoire aussi cherchons nous un endroit de débarquement. Les rives, peu propices, retardent cette manœuvre aussi pendant que Jean poids plume à l’avant s’étonne de mes plaintes, à l’arrière j’ai plus de 10 cm d’eau.</p>
<p>Finalement nous abordons et vidons la Bergeronnette non sans peines. Nous calfatons avec des moyens de fortune puis repartons.</p>
<p>Nous traversons Gyé-sur-Seine par un petit bras pittoresque où la limpidité de l’eau est presque regrettable car dans les traversées de localités les rivières sont toujours plus ou moins converties en dépotoir. Ici aussi cette règle est vraie et on voit le fond où pas mal de débris inesthétiques accusent les riverains.</p>
<p>Arrivant à Neuville, après un débarquement-reconnaissance sur la passerelle basse précédant le barrage, je ne puis croire que tout le monde saute ça. C’est la propre phrase des lavandières du coin. La dénivellation est assez forte et il est difficile, de plus, de prendre de l’élan vu la forme à angle droit du barrage. Et en aval il y a de ces remous… Jean, très gonflé, me menace de passer seul ! Plutôt qu’un tel déshonneur, je supporterais tout, même le dessalage qui me parait quasi inévitable et la noyade probable.</p>
<p>Un discret rappel de ma part à la mort du président du K.C.F sur un barrage insignifiant d’aspect ne pourra même pas faire réfléchir mon coéquipier.</p>
<p>Nous sauterons donc !</p>
<p>Embarquement. Court recul. Fons nick ! Yop… Nous gitons assez fort… Miracle nous flottons et ce n’est pas la quille en l’air.</p>
<p>Cet effort moral m’a sans doute épuisé car maintenant je me ressens de la nuit sans sommeil suffisant. Et puis le café anti somnifère me laisse toujours des réactions pénibles.</p>
<p>Bref, j’ai le coup de pompe et la tête à la fois vide et lourde j’ai une grande mollesse dans le coup de pagaie. L’allure ne s’en ressent guère car le courant, pris de pitié, nous traine charitablement à une allure soutenue.</p>
<p>Nous rencontrons quelques barrages que nous franchissons tous en portant ou à la corde, soit qu’ils sont insautables, soit qu’ils m’impressionnent trop.</p>
<p>Car c’est moi l’empêcheur de sauter en rond ; Jean parait avoir mangé du lion et pour calmer son « ardeur saltatoires » je lui avoue : mon vieux, si je tombe à l’eau en ce moment, je suis capable de me noyer. ».</p>
<p>Et le pire, c’est que c’est vrai !</p>
<p>La rivière est amusante sans difficultés sérieuses avec petits seuils et rapides sans méchanceté de place en place. Nous vivons dans leur attente et le courant rapide ne nous laisse pas languir.</p>
<p>Nous commençons à avoir faim et les collègues nautonniers rencontrés maintenant sont tous occupés à déjeuner et ceci aiguise encore notre appétit.</p>
<p>Un minuscule ilot de cailloux et d’herbes nous offrira l’hospitalité pour le repas froid que nous prendrons les pieds dans l’eau.</p>
<p>Deux équipes de Kayaks, déjà rencontrés par Jean ce matin, nous dépassent en adressant quelques compliments pour notre saut du barrage de Neuville. Notre renommée est déjà extra-locale !</p>
<p>Et voici Bar où nous attend un portage d’une centaine de mètres avec une sortie de l’eau peu commode et une remise à l’eau pas facile. Les Barois aiment à faire travailler les canoéistes !</p>
<p>Mine de rien, histoire de souffler un peu au milieu de ce travail de forçait, je m’avise que nous allons manquer d’eau potable. Je laisse donc tout en plan et rempli les bidons après les avoir longuement rincés. Jean, sans pudeur ou sans imagination, se repose sans l’ombre d’un prétexte.</p>
<p>Aimablement les kayakistes, retrouvés ici, nous donnent la main. Gloire à eux pour ce geste samaritain. Sans aucune gratitude pour ces braves, je remarque une jolie coéquipière parmi eux et confie à Jean des propos lubriques.</p>
<p>Mais voici bientôt les rapides de Pont aux Dames que nous voulons avoir pour cadre de notre camp de ce soir. C’est l’une des deux suites principales de rapides dont parle le guide nautique.</p>
<p>Dans un site légèrement boisé, ils sont peu difficiles. Juste un passage un peu délicat au ras d’une ile et où la dénivellation est assez forte. Nous dansons un peu et nous gonflons de vanité…</p>
<p>Après un laborieux débarquement en slip dans des plantes à majorité urticante, nous cherchons un coin pour la nuit. Il s’en révèle un sur la rive opposée. Rembarquement. Traversée. Courte remontée du courant qui voudrait bien nous expulser vers l’aval. Débarquement sur la terre promise. L’endroit est parfait avec vue sur les derniers remous des rapides de Pont aux Dames qui chantent tout près.</p>
<figure id="attachment_1674" aria-describedby="caption-attachment-1674" style="width: 203px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-1674" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-203x300.jpg" alt="L’endroit est parfait" width="203" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-203x300.jpg 203w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-692x1024.jpg 692w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-768x1137.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-1038x1536.jpg 1038w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-scaled.jpg 1384w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-001-1320x1954.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 203px) 100vw, 203px" /></a><figcaption id="caption-attachment-1674" class="wp-caption-text">L’endroit est parfait</figcaption></figure>
<p>Pendant que Jean s’occupe de l’installation, je vais au village de Favières assez proche et reviens avec lait et vin.</p>
<p>Je trouve le dîner prêt et nous ne nous attardons pas à la veillée après lui, malgré l’ambiance agréable de l’endroit, car nous avons du sommeil à rattraper.</p>
<p>Ce matin la grande affaire c’est le cinéma. Non que nous allions nous enfermer dans une salle obscure. Nous allons, en tant qu’acteurs, metteurs en scène, caméraman et techniciens, faire du cinéma !</p>
<p>En effet, j’ai apporté une caméra et quelques chargeurs. Déjà hier j’avais pris quelques images mais fort peu. Aujourd’hui nous allons profiter du temps favorables et de l’intérêt du site pour continuer quelques images sur le nautisme. Simple essai de scènes de la vie au grand air pour une fresque de plus grande envergure que nous projetons. Mais ceci est encore un avenir assez vague et lointain.</p>
<p>Je commence par quelques images tentantes de notre coin. La chance me sourit car voici nos kayakistes d’hier qui descendent au fil de l’eau. Saluts… et bout de film.</p>
<p>Ensuite nous vidons le canoë et remontons courageusement les rapides pour… les redescendre alternativement Jean et moi. A tour de rôle nous prenons des prises de vue de nos évolutions. Puis retour au camp pendant que les derniers mètres de pellicule enregistrent encore les charmes de la rivière.</p>
<p>Tout ceci a demandé pas mal de temps car nous avons multiplié les précautions et les manœuvres pour éviter de mouiller la caméra. Et ce n’était pas toujours facile d’opérer dans ce rapide courant avec de l’eau jusqu’au ventre et les pieds crispés sur les rochers. Bref il est près de midi quand nous reprenons la croisière proprement dite.</p>
<p>Encore quelques seuils et rapides. L’un d’eux est assez mauvais : un arbre mort couché tend des moignons menaçant vers l’amont. Il ne faudrait pas s’empaler là-dessus. Un passage visiblement artificiel se creuse dans la riche friable à gauche pour éviter ce rubicon. Il n’y a guère qu’à se laisser sucer par le courant de cette large rigole qui rappelle la « rivière magique » du jardin d’Acclimatation.</p>
<p>Je passe sur les briefs tranquilles rencontrés et d’ailleurs souvent très beaux, pour ne parler que des passages un peu sportifs. L’un d’eux est un peu angoissant : une énorme veine d’eau gicle dans une brèche de barrage. Ce serait enfantin sans des branches d’arbres surplombantes qui menacent nos yeux, nos visages, nos troncs, soit tout ce qui dépasse des plats-bords. Nous nous lançons… houp… Vite, couchés… C’est passé !</p>
<p>Au barrage de Villemoyenne (limite Bourgogne-Champagne) nous retrouvons nos kayakistes qui déchargent leurs embarcations pour un portage obligatoire. Ce déménagement est paraît-il, très recommandé à qui veut ménager l’armature de son kayak au moment des portages. Nous sommes heureux de les aider pour les remercier de leur coup de main de Bar. Petite déception quand nous voyons la petite kayakiste repérée hier : ce supplément d’enquête ne lui est pas favorable !</p>
<p>Nous démarrons les premiers et d’un accord tacite nous pellons en style et à une cadence rapide pour épater (ou essayer d’épater) la galerie. Pendant quelques kilomètres nous soutenons cette allure forcenée pour faire figure honorable vis-à-vis des rapides pagaies doubles qui nous talonnent. Puis, aussi crevés de l’effort de nos bras que de celui de nos rates qui ne peuvent rester insensibles à notre ridicule, nous reprenons une cadence normale.</p>
<p>Fidèle à mes habitudes de découvreurs de trésors (?!) je repère un bidon flottant au long de la berge. Prise de guerre patagonne !</p>
<p>Non loin de Courcelles, un îlot précédant un barrage nous servira à la halte du déjeuner. Nous stoppons et reconnaissons le saut possible malgré les gros remous au pied de la chute. Surviennent les Kayaks. Nous les forçons moralement au passage.</p>
<p>A la vue de leurs étraves disparaissant profondément à l’arrivée notre opinion sur le problème évolue dans de notables proportions. Je ne risque pas ça ! Jean n’est plus très chaud non plus. Conclusion : vive le passage à la corde !</p>
<p>Auparavant baignade et repas nous occupent un moment.</p>
<p>Nous embarquons ensuite et le courant nous drosse vers des basses branches sous lesquelles nous manquons chavirer. Et l’eau qui nous paraissait si froide tout à l’heure lors du bain ! Non sans peine, nous nous dégageons et prenons un petit bras pittoresque.</p>
<p>Nous atteignons Clerey notre terminus fort en avant sur l’horaire prévu, aussi, malgré le ciel devenu soudain très menaçant, nous décidons de pousser jusqu’au prochain pont ce qui nous permettra de parcourir la Noue d’Enfer, parcours au nom prometteur. En fait, ce n’est qu’une partie d’une belle sauvagerie où le courant rapide nous promène entre des rives boisées. Une courte pluie nous salut au passage.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-003-scaled.jpg" rel="grid-93" class="item view" title="Fin de la croisière"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-003-scaled.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-002-scaled.jpg" rel="grid-93" class="item view" title="Fin de la croisière"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2020/09/010-002-scaled.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Franchissement du barrage de Terrière aux abords remplis de baigneurs et la fin de la croisière est toute proche.</p>
<p>Nous abordons sur une belle plage près du pont, où Jean est chargé de ranger le matériel pendant que je vais chercher la voiture, à quelques kilomètres de là.</p>
<p>Route sans intérêt pour la majorité du trajet d’ailleurs fort abrégé par un auto-stop réussi encore une fois.</p>
<p>Je retrouve ensuite Jean ; le Bergeronnette est de nouveau perchée sur le toit, et voilà : nous avons parcouru la Haute Seine.</p>
<p>Deux belles journées de récolte de souvenirs.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/on-retrouve-la-bergeronnette/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Falaises</title>
		<link>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/falaises/</link>
					<comments>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/falaises/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Van Leckwyck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Apr 1950 15:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet 10]]></category>
		<category><![CDATA[Normandie]]></category>
		<category><![CDATA[Jean]]></category>
		<category><![CDATA[Marcelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://mille-camps-et-plus.fr/?p=1670</guid>

					<description><![CDATA[29 Avril au 1er Mai 1950 &#8211; Yport et retour Pendant le voyage Paris-Fécamp, la 4CV qui transporte les Patagons n’a essuyé qu’une seule averse. Il est juste de dire...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><span style="text-decoration: underline;">29 Avril au 1er Mai 1950 &#8211; Yport et retour</span></p>
<p>Pendant le voyage Paris-Fécamp, la 4CV qui transporte les Patagons n’a essuyé qu’une seule averse. Il est juste de dire que celle-ci, ininterrompue, dure depuis le départ…</p>
<p>Mais en arrivant à destination, Zeus manifeste clairement sa décision de protéger la glorieuse phalange, car la pluie cesse brusquement.</p>
<p>Dans les calmes rues du petit port normand, on fait quelques emplettes de dernière heure. Puis la 4 CV repart sur Yport où il a été décidé qu’elle attendrait ses maîtres.</p>
<p>A Yport, quelques difficultés pour trouver un garage, mais finalement le Corbillard est casé et la randonnée pédestre commence.</p>
<p>Elle ne dure pas longtemps car, sur la falaise dominant le bourg, dès qu’ils découvrent un coin tranquille, les voyageurs s’occupent de régler la question du déjeuner. Sandwichs et fruits. Heureusement qu’il y a du vin pour relever un peu ce menu froid car le temps humide demanderait plutôt des nourritures réchauffantes. Mais, comme la raison d’état, la raison patagonne a d’implacables directives et il est trop tard pour perdre un temps précieux à fricoter un repas ou pour faire bombance dans un restaurant. En guise d’exhortation au stoïcisme, Jean place à ces coéquipiers sa phrase célèbre : « L’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais aussi de paysages. ».</p>
<p>Une fois la faim appaisée, les Trois reprennent la conquête des falaises du Pays de Caux.</p>
<p>Le temps bouché ne permet pas des vues très lointaines, mais ce n’est qu’un détail pour les trois amis qui rêvaient depuis si longtemps de cette escapade en commun au bord de la mer. Bernard est le seul a avoir déjà campé sur un littoral ce qui lui permet de prendre des airs protecteurs bien dans la note du « monsieur-qui-a-déjà-fait-ça-et-même-plus-dur ». Quant à Marcelle et Jean ils savourent à l’avance leur premier camp maritime.</p>
<p>Le haut de la falaise est classique de la région : prés et cultures sont les seules parures du terrain sur les parties dominantes et il n’y a guère que les valleuses qui abritent quelques arbres généralement chétifs. Le bord de la falaise se révèle brusquement en tombant à pic dans la mer d’une hauteur de soixante à quatre-vingt mètres. Et, malgré les débris guerrier du Mur de l’Atlantique (sur la Manche ?) qui subsistent par endroits, le paysage est assez sauvage par son aspect désert.</p>
<p>Le ciel se fait de plus en plus menaçant, et partout à l’entour on voit la pluie tomber. Les Patagons marchent dans un îlot de temps sec miraculeusement préservé, ce dont ils ne se font pas faute de louer le ciel.</p>
<p>Le terrain est vallonné et la marche est assez fatigante dans ces continuelles montagnes russes casse mollets qui forment les valleuses aux pentes très raides. C’est pourquoi, à l’occasion d’un chemin-escalier qui conduit à la plage du pied de falaise, les randonneurs descendent et font une courte halte pour explorer sans sacs la partie basse des falaises qui est ici curieusement burinée d’une multitude de trous. Quelles prises pour la varappe si tout ce gruyère n’était pas suintant d’humidité grasse… Des surplombs et même de petites cavernes sont remarqués.</p>
<p>Puis on remet les sacs et en route ! On verra au passage une valleuse où les terriers de lapins de garenne sont d’une densité peu ordinaire et insidieusement des idées de braconnage s’infiltrent dans des esprits impurs…</p>
<p>Voici la Valleuse du Curé où il y aurait un camp magnifique à faire mais il est encore trop tôt pour s’arrêter aussi doit-on repartir le cœur plein de regrets de ne pas séjourner dans ce cadre splendide.</p>
<p>Le terrain s’aplanit et la marche s’en trouve accélérée, aussi apparait bientôt cette merveille de la nature qu’est la porte d’Amont qui précède Etretat. Cette arche naturelle, creusée dans la marne blanche des falaises, entre dans la mer en formant la pointe d’un éperon qui marque la côte ici.</p>
<p>Déjà tout à l’heure, la troupe s’était extasiée sur une branche du rivage en forme de tour qui s’en isolait à une centaine de mètres, mais ceci est encore bien plus beau.</p>
<p>C’est ici qu’il faut camper et quiconque tenterait seulement d’émettre un avis différent serait immédiatement précipité à la mer par les Patagons pleins d’enthousiasme.</p>
<p>Bientôt les deux itisas dressent leurs silhouettes sur un soleil couchant, qui commence à résister honnêtement aux nuages, et le Radius de Bernard ronfle sous le diner. Heureusement qu’un réchaud a été emporté car le combustible naturel brille par son absence et les conseils glanés et précisant la nécessiter d’emporter un appareil de chauffage se trouvent absolument confirmés.</p>
<p>Jean fait une courte reconnaissance aux environs et revient ne pouvant sortir trois mots sans y mettre un superlatifs tant il est charmé par la grandeur de ce qu’il a vu plus bas. Evidemment l’endroit est aménagé avec escalier et rambardes ce qui le mathieuse un peu, mais sans ces ustensiles il serait presque inaccessible.</p>
<p>Le reste de la troupe se réserve pour demain de voir tout çà et bientôt tout le commando est couché.</p>
<p>Le lendemain matin, merveille des merveilles, le ciel est pur et le soleil brille.</p>
<p>Après quelques reconnaissances aux environs immédiats, les appareils fixent pour la postérité l’aspect de ce camp superbe. Puis on s’attaque à la préparation du petit déjeuner, et malgré le réchaud, on ne l’obtiendra pas sans peine car le gicleur bouché crachote abondamment avant de vouloir ronfler correctement. Puis, mais ceci n’est plus la seule faute du Radius, ces adroits cuisiniers, renversent la casserole deux fois de suite…</p>
<p>Les randonneurs lèvent ensuite le camp et, empruntant un passage souterrain qui perce la porte d’amont, ils suivront le pied des falaises pendant une courte marche sur Etretat.</p>
<p>C’est une petite station balnéaire assez sympathique où, après quelques achats, on peut voir les explorateurs du Pays de Caux occupés à siroter des apéritifs tout en rédigeant quelques cartes postales. Par hasard, Jean rencontre un collègue de bureau, mathieux endimanché comme il se doit. Considérations habituelles sur le camping : avantages, inconvénients. Opinions divergentes.</p>
<p>Après cet intermède philistin, les trois reprennent le chemin des falaises, puis, par une descente épique dans un sentier glissant et dont la pente moyenne doit être proche de la verticale (!), ils atteignent une plage déserte entre la Porte d’Aval et la Marneporte.</p>
<p>L’endroit est à cette heure prodigieux de grandeur, de tranquillité et de beauté. Une quantité impressionnante de superlatifs d’admiration y est consommée en un temps record.</p>
<p>Ce midi, déjeuner fin ; entre autres plats de raffinés : huitres, soupe au poisson, raie au beurre noir.</p>
<p>Ensuite pendant que Marcelle lézarde au soleil en frôlant la congestion, les deux autres se livrent aux joies de la pêche. Joies peu productives si l’on considère les résultats d’une manière objective. Le butin, une crevette, est dévoré sur place sans perdre de temps à une cuisson décrétée inutile.</p>
<p>Puis l’heure tourne ramenant les mathieux indésirables qui envahissent sournoisement les lieux par un couloir souterrain que la municipalité d’Etretat, visiblement vendue à la cause détestée des Philistins, a fait aménager pour les personnes que rebuterait le sentier de chèvres dont il est parlé plus haut. Quel dommage et aussi quelle criante iniquité que les Patagons n’aient pas le droit de défendre leur tranquillité et leur solitude par les armes ! Seule solution restante : le repli stratégique.</p>
<p>On escalade donc le sentier-échelle et la vadrouille reprend chassant le démon du camp fixe qui rodait là en-bas sur la petite plage.</p>
<p>Les mouettes sont nombreuses et, défiant le vertige, se perchent au rebord de la falaise. Quelques photos sont tentées sur ces sujets, mais, sans téléobjectif, on sait trop ce que donnent ces essais.</p>
<p>La promenade est encore mieux qu’hier et, de plus, le soleil est de la partie aujourd’hui.</p>
<p>Voici le cap d’Antifer qui s’annonce par son sémaphore après une valleuse où la descente sur la plage est si raide qu’elle se fait au long d’un filin disposé spécialement à cet effet…</p>
<p>Les environs du cap sont jonchés de débris guerriers (Bruneval est tout proche). Ici, les falaises changent d’aspect. C’est de la terre rougeâtre qui remplace, au moins dans la partie haute, la marne blanche rencontrée jusqu’à présent. Quant à la hauteur, elle atteint ici, au point culminant, plus de cent mètres. Et instinctivement on songe au plongeon que cela représenterait. « Un beau plouf » répète Bernard sur qui le vertige ne reste pas sans effet.</p>
<p>Il commence à se faire tard et la phalange patagonne cherche un lieu de camp. Une dépression dans un pré, à cent mètres du rebord de la côte en fournira un très tranquille où les lapins effrontés observent les campeurs du bord de leurs terriers. Ce soir, feu de bois, car les arbres sont proches entourant une ferme derrière un épaulement, et une expédition en ramène du combustible.</p>
<p>La nuit tombe après un très beau coucher de soleil.</p>
<p>Au matin Bernard s’est détaché pour aller au ravitaillement à la ferme. C’est une vaste et riche propriété où subsiste encore des souvenirs de l’occupation allemande : murs décoré de peintures soldatesques entres autres choses.</p>
<p>On roule les tentes, on dit au revoir à la mer et on aborde la partie de l’itinéraire qui va faire voir l’hinterland.</p>
<p>Après la traversée de la Poterie, où les Blier renouvellent leur provision de bonbons qui leur est si chère, un peu de parcours en plateau s’annonce. Mais très vite le terrain s’accidente et le chemin est très pittoresque par des sentiers creux et des vallonnements boisés.</p>
<p>Le groupe commence à trainer la jambe et après qu’une paysanne particulièrement aimable aura renouvelé le plein d’eau, on cherche un endroit convenable pour la halte-déjeuner.</p>
<p>A l’entrée du Bois des Loges, les Patagons seront très bien. Dommage que Marcelle ait si peu d’appétit, d’autant plus qu’elle finirait par faire croire que les autres n’ont pas des talents de cuisiniers remarquables.</p>
<p>A la fin du repas, le soleil se couche et on ne le regrettera pas trop car Marcelle s’obstine à conserver pull-over sinon cache-nez et l’apoplexie la guette. L’un ou l’autre devait céder : heureusement c’est Phébus le moins entêté.</p>
<p>La suite de la randonnée se fait dans un bois de taillis où on rencontre beaucoup de bouleaux et qui n’est pas sans ressembler à certains coins des Vaux de Cernay avec la tranquillité en plus, car les Vaux de Cernay un 1er Mai ce doit être quelque chose d’assez pénible.</p>
<p>Puis, après une orientation un peu délicate, la troupe quitte le creux du Bois des Loges pour rattraper la route qui va la ramener sur Yport.</p>
<p>Ce sont à nouveau les cultures et pacages du plateau : peu d’intérêt après les jolis paysages précédents.</p>
<p>L’allure ralentit car Marcelle a le coup de pompe et en profite pour faire la tête, ce dont Jean prend son parti avec un stoïcisme qui force l’admiration.</p>
<p>Après diverses tergiversations, on décide que Bernard se détachera seul pour chercher la 4 CV encore lointaine.</p>
<p>Après une route sans incident et une jolie arrivée sur Yport pour récompenser d’une certaine monotonie précédente, la petite Renault est retrouvée et bondit sur la goudronnée. A son passage Jean bondit du fossé où il attendait avec sa femme, mais il a compté sans la traitrise du conducteur qui fait mine de ne l’avoir pas remarqué et qui disparait derrière un virage. Ce n’est qu’après avoir ainsi satisfait son besoin naturel de taquinerie que le perfide Bernard fera demi-tour pour rejoindre ses amis.</p>
<p>Les Patagons chargent la voiture et c’est de nouveau la route en motorisés.</p>
<p>Mission terminée : le commando a reconnu le Pays de Caux</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mille-camps-et-plus.fr/1950/falaises/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
