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	<title>Massif Central &#8211; Mille Camps et Plus</title>
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		<title>En cherchant l’eau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Van Leckwyck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Aug 1947 15:02:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet 4]]></category>
		<category><![CDATA[Massif Central]]></category>
		<category><![CDATA[Aubusson]]></category>
		<category><![CDATA[Jean]]></category>
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					<description><![CDATA[10 Août au 18 Août 1947 Marche Nous avons pris le train vers 23 heures. Vers 23 heures 30 nous arrivons à Ussel où il nous faut patienter 4 heures...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><strong>10 Août au 18 Août 1947</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Marche</span></p>
<p>Nous avons pris le train vers 23 heures. Vers 23 heures 30 nous arrivons à Ussel où il nous faut patienter 4 heures dans un froid pénible pour la saison. Nous aurons bien mérité notre correspondance pour Aubusson !</p>
<p>Bientôt, allongés sur les banquettes étroites, ô combien ! de la salle d’attente, nous sombrons dans le sommeil. J’ignore si c’est celui du juste, mais, pour ma part, je puis affirmer que c’est celui du fatigué !</p>
<p>Quelques quatre heures après, réveil en fanfare par un employé qui vient hurler l’arrivée d’un train. Heureusement car sinon quand nous serions-nous réveillés ?</p>
<p>Notre micheline doit entrer en gare dans ½ heure. En fait, nous poireauterons près d’une heure dans un froid vif que des morceaux de sucre et quelques gorgées de rhum n’arriveraient pas à neutraliser.</p>
<p>Grâce au ciel, la micheline en question nous accorde des places assises et dans le jour qui se lève nous roulons vers Aubusson.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2019/12/004-073-scaled.jpg" rel="grid-29" class="item view" title="Nous chariotons…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2019/12/004-073-scaled.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2019/12/004-074.jpg" rel="grid-29" class="item view" title="… jusqu’à la Creuse"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/2019/12/004-074.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Bientôt nous suivons la Creuse que nous sautons anxieusement car on nous a dit qu’il n’y aurait pas assez d’eau pour la descendre ; aussi, à chaque fois que nous l’entrevoyons, ce sont des alternatives d’espoir ou de déceptions. Finalement, optimistes, nous optons pour une navigation faisable sinon aisée.</p>
<p>Arrivés de trop bonne heure à Aubusson, pour chercher le canoë à la consigne, nous patientons un peu, juste le temps de se ravitailler, pensons-nous. Mais la ville est agréable à parcourir, aussi n’est-ce que vers 10 heures ½ que nous nous occuperons du M.P.</p>
<p>Nous déballons notre matériel pendant que tranquillement les poules picorent dans la cour de la gare, puis nous chariotons jusqu’à la Creuse toute proche où nous chargeons notre embarcation puis débordons vers midi malgré les prédictions peu encourageantes des indigènes : il n’y a pas d’eau, parait-il. Mais connaissent-ils seulement exactement le tirant d’eau nécessaire à un canoë ?</p>
<p>Et puis, à Dieu va ! Dans tous les cas, ici, l’eau est assez profonde pour nous moyennant quelque prudence et attention dans la manœuvre qui n’est pas toujours facile car l’eau brunâtre s’entend à dissimuler les rochers perfides qui bloquent brusquement l’élan.</p>
<p>Après le premier déversoir (sur lequel pas le moindre filet d’eau ne se déverse d’ailleurs) c’est plus dure : 10 cm d’eau à peine sur une centaine de mètres, nous trainons ce qui ne vas pas sans mal car j’ai oublié d’amener mes nautoniers et c’est excessivement caillouteux comme fond.</p>
<figure id="attachment_961" aria-describedby="caption-attachment-961" style="width: 205px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-961" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075-205x300.jpg" alt="Des malheureux !" width="205" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075-205x300.jpg 205w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075-701x1024.jpg 701w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075-768x1122.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075-1052x1536.jpg 1052w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-075.jpg 1402w" sizes="(max-width: 205px) 100vw, 205px" /></a><figcaption id="caption-attachment-961" class="wp-caption-text">Des malheureux !</figcaption></figure>
<p>Hélas ! plus nous allons et plus l’eau manque. Dans une rivière à fond sableux ça irait à la rigueur, mais ici où pierres et rochers constituent un lit très chaotique c’est insuffisant et talonnant constamment, nous sommes obligés de mettre pied à … eau et pousser, et tirer, et nous démener comme des malheureux !</p>
<p>Après un déjeuner, partiellement sous la pluie, où nous récupérons des forces, nous repartons. Mêmes ennuis qu’en amont : 10 ou 20 mètres de tirant d’eau suffisant et malgré nos slaloms, c’est l’inévitable échouage et la corvée de remise à l’eau qui s’ensuit avec tous les heurts que cela comporte pour la coque du M.P et tous les délicats chatouillis que subissent mes pieds nus sur les pierres.</p>
<p>Et quelle jolie rivière pourtant ! Et comme cela ferait d’épatants rapides avec 30 ou 40 cm d’eau en plus !</p>
<p>En arrivant à Alleyrat, je propose de finir l’étape en chariotant : nous irons au moins aussi vite en nous fatiguant infiniment moins et, dès que possible, nous remettrons à l’eau.</p>
<figure id="attachment_962" aria-describedby="caption-attachment-962" style="width: 199px" class="wp-caption alignright"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-962" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076-199x300.jpg" alt="Encore moins d’eau qu’hier" width="199" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076-199x300.jpg 199w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076-680x1024.jpg 680w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076-768x1157.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076-1020x1536.jpg 1020w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-076.jpg 1249w" sizes="(max-width: 199px) 100vw, 199px" /></a><figcaption id="caption-attachment-962" class="wp-caption-text">Encore moins d’eau qu’hier</figcaption></figure>
<p>Fourbu l’un et l’autre après un tel travail de trainage (les 4/5 du parcours et le reste seulement à la pagaie !) suivant une nuit aussi brève, nous nous écroulons dans un pré où nous avons décidé de passer la nuit en bordure de cette Creuse si pittoresque mais hélas si peu profonde.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">12 Août</span> – Ce matin encore moins d’eau qu’hier. Puis, pendant que nous nous préparons au départ, l’eau monte ! On nous apprendra que ce sont les grands barrages hydroélectriques qui font la pluie et le beau temps en manière de niveau d’eau. Cependant, malgré la crue relative de ce matin, le tirant d’eau de notre M.P est encore trop fort pour ici : nous continuons par la route. Bizarre méthode de descendre la Creuse en canoë…</p>
<figure id="attachment_963" aria-describedby="caption-attachment-963" style="width: 1943px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-963 size-full" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077.jpg" alt="Coin charmant" width="1943" height="1293" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077.jpg 1943w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077-300x200.jpg 300w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077-1024x681.jpg 1024w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077-768x511.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-077-1536x1022.jpg 1536w" sizes="(max-width: 1943px) 100vw, 1943px" /></a><figcaption id="caption-attachment-963" class="wp-caption-text">Coin charmant</figcaption></figure>
<p>Après un rapide déjeuné nous arrivons à Lavaveix-les-Mines vers 18 heures. Ravitaillement. Courrier. Rafraichissement. Départ.</p>
<p>Par le pont qui précède Ahun, nous enjambons la Creuse qui ici est large et assez profonde. Malgré l’avis de Jean qui espère la navigation normale à partir d’ici, je suis pour la continuation à pied et au pont du Moutier d’Ahun (merveille vétuste malheureusement bombardé alors qu’il accompagne si bien la jolie église trapue garnie de lierre) nous retrouvons notre rivière terriblement à sec. Hélas j’avais raison ce n’était, plus haut, que la retenu d’un petit barrage.</p>
<p>Malgré notre chariot cahotant et grinçant dont un bandage vient de rendre l’âme, nous allons encore un bon moment ce soir avant de trouver un coin charmant en bordure de cette Creuse si décevante encore aujourd’hui.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">13 Août</span> – Aujourd’hui sera une journée de discutions âpres et graves de conséquence.</p>
<p>Voici le tragique problème.</p>
<p>Continuerons-nous comme ces deux derniers jours à faire les bêtes de sommes sur la route à trainer le M.P ? Ecorcherons-nous sa coque et nos pattes sur les maigres (de moins en moins long, il est vrai) pour naviguer ensuite sur les eaux quasi croupissantes des retenues de barrages (de plus en plus longs, c’est vrai aussi) ?</p>
<p>Ou bien abandonnons-nous notre embarcation aux mains de la S.N.C.F et continuons-nous nos vacances en pedestrians ?</p>
<p>Jean est un farouche partisan de la solution « en canoë à tout prix » il est parti pour faire une croisière, il veut la faire coûte que coûte.</p>
<p>Quant à moi, je me plie plus facilement aux ordres du destin et envisage avec une philosophie optimiste de continuer sac au dos.</p>
<p>Qui triomphera ? Quel point de vue aura le dessus ? Celui du persévérant (dirons-nous l’entêté ?) ou celui de l’opportuniste (dirons-nous le faible ?)</p>
<p>Jean fait valoir que la rivière est quoiqu’il en soit plus faisable qu’au début ; que d’autres canoéistes continuent, eux ; qu’il serait ridicule pour le M.P d’avoir fait aller-retour 800 km pour servir si peu, que d’autre part, comme il va se marier c’est peut-être sa dernière croisière avant longtemps, etc. etc.</p>
<p>Moi je dis que le Martin n’est pas construit pour encaisser des raclures continuelles sur les roches sans contrepartie de sport amusant pas plus que mes pieds ne sont faits pour s’écorcher aux cailloux de la rivière. J’ajoute que, même là où la profondeur d’eau est suffisante, la navigation perd son charme par suite du manque de courant. Enfin, tout à nos efforts de charroyeurs admirerons-nous seulement le paysage ?</p>
<p>Un dernier essai est tenté. Las ! au bout de 300 mètres les difficultés recommencent pire que jamais et, malgré la beauté du cadre, nous pestons.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-078.jpg" rel="grid-99" class="item view" title="La beauté du cadre"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-078.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-079.jpg" rel="grid-99" class="item view" title="La beauté du cadre"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-079.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Quoique dise ou fasse mon coéquipier, j’abandonne la descente en canoë et un dernier chariotage nous mène au pont du Busseau d’Ahun (où commence la carte nautique : signe de navigabilité peut-être ?)</p>
<p>Sur ce pont que surveille, méprisant, le viaduc qui enjambe la vallée, quelle polémique ! Jean, aidé de 3 canoéistes retrouvés là et qui sont de son avis, tente de me faire renoncer à mon projet d’abandon.</p>
<p>Je reste inébranlable malgré que l’on fasse, tour à tour, appel à mon orgueil, ma camaraderie, mon bon sens. Le bon sens me parait justement de continuer à pied et sac au dos.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-080.jpg" rel="grid-62" class="item view" title="L’amont"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-080.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-081.jpg" rel="grid-62" class="item view" title="L’aval"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-081.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>L’aval s’étend large et relativement profond tentateur il est vrai, mais l’amont à sec ne donne-t-il pas la preuve de l’absence de courant ?</p>
<p>Alors ? Trainer de biefs en biefs, de retenues en retenues pour naviguer en récompense sur une eau presque morte car il n’y a qu’une alternative : l’eau est vive et le fond manque, l’eau est profonde et le courant mort.</p>
<p>Alors ? Alors ?</p>
<p>Et puis je persiste à croire que le M.P et mes pieds sont destinés à de plus nobles fins qu’à s’esquinter à des travaux de trainage sur la rocaille.</p>
<p>Rien à faire. Ma résolution est prise : le canoë sera à la gare avant ce soir. Un dernier chariotage par une côte atroce nous mène à la S.N.C.F qui ignore les expéditions à de telles heures où des chrétiens doivent, normalement, prendre leur déjeuner.</p>
<p>Une fois encore nous mangerons au restaurant car une foule de raisons militent en faveur de cette solution : l’heure tardive ; le lieu, loin d’être pittoresque ; la température, accablante ; et nos dispositions morales assez lâches.</p>
<p>Vers 14 heures 30 deux pedestrians arpentent la route sous un soleil que l’orage montant cache de plus en plus, mais qui chauffe lourdement.</p>
<p>Heureusement que pour nous remonter nous trouvons tout le long du chemin des mûres ou des fruits tombés.</p>
<p>Ce soir nous aurons de l’eau à une source où je découvre trois crapautins et une salamandre folâtrant dans un liquide peu limpide. Il faut dire que l’eau potable est rare (il n’a pas plus depuis 3 mois) et que les prés sont brûlés plus que partout ailleurs où nous sommes passés. Pourtant je trouverais des œufs et du lait pendant qu’on m’explique la sécheresse désastreuse qui a tué je ne sais combien de bœufs dans le canton, bêtes extrêmement utiles ici où on les attèle et où ils remplacent très souvent les chevaux.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-082.jpg" rel="grid-27" class="item view" title="Bœufs "><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-082.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-083.jpg" rel="grid-27" class="item view" title="Anzème – l’entrée des fameuses gorges"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-083.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Nous camperons en bordures de la Creuse dans un fort joli site et ce soir je rendrais visite à des campeurs voisins peu sympathiques d’ailleurs et qui se vanteront d’avoir volé une poule.</p>
<p>Belle propagande pour le renom des amis de la nature.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">14 Août</span> – Nous partons vers 9 heures étonnant nos ruffians de voisins par notre courage soi-disant matinal.</p>
<p>Nous marchons d’un bon pas et traversons des villages très pittoresques et un peu avant Anzème nous nous établirons dans une châtaigneraie déjà bruissant de feuilles tombées (symptôme avant-coureur d’automne) pour y déjeuner.</p>
<p>Et puis c’est l’arrivée à Anzème ! L’entrée des fameuses gorges que nous comptions tant faire à bord du M.P…. Anzème : nom prestigieux qui revenait si souvent dans nos conversations. Consolation d’amour-propre : nous y sommes arrivés à pied, mais nous y sommes arrivés quand même à ce village perché au rebord de la colline qui donne les Gorges.</p>
<p>Puis, après quelques photos que nous ne pouvions pas ne pas prendre, éternels itinérants, nous repartons.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-085.jpg" rel="grid-42" class="item view" title="Les Gorges"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-085.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-084.jpg" rel="grid-42" class="item view" title="Les Gorges"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-084.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Pendant que je « tombe la chemise », Jean est parti devant. Au bout d’un moment je ne le rejoins toujours pas. Compris ! Il a pris à gauche à la bifurcation de tout à l’heure alors que nous avions opté pour le sentier de droite. Je siffle éperdument pour l’appeler. Enfin un sifflet répond au mien et bientôt nous sommes regroupés. En marche vers la Celle-Dunoise.</p>
<p>Nous prenons un chemin de traverse que nous indique un fermier qui nous cède un litre de lait. Que c’est dont pittoresque ! A la lumière du soleil qui décline déjà fort, les couleurs prennent des tons chauds qui magnifient chaque coin de champs, chaque bout de prairie et fait flamber les ors des châtaigneraies.</p>
<p>Puis notre sentier nous mène à une route poudreuse dont la poussière chatoie si joliment sous nos pas que j’en oublie presque ma chaussure gauche qui se meurt de plus en plus et que Jean prendre à peine garde à une guêpe qui le pique à la jambe.</p>
<div class="photoGrid four clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-086.jpg" rel="grid-1" class="item view" title="Une vaste prairie"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-086.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-087.jpg" rel="grid-1" class="item view" title="Une vaste prairie"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-087.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-088.jpg" rel="grid-1" class="item view" title="La Creuse"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-088.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-089.jpg" rel="grid-1" class="item view" title="jouer au sauvage…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-089.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Nous arrivons à un modeste village à prétention architecturale : le Bourg d’Hem où un jovial indigène nous conduit par un raccourci pittoresque au bord de la Creuse qui coule ici dans un site extrêmement joli. Les gorges s’écartent un moment au confluent d’un ruisseau et dans une vaste prairie où à gauche derrière nous se dressent des chèvres vénérables, nous dressons notre tente pendant que notre guide nous étourdit de son bavardage.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">15 Août</span> – Que l’on est bien ici ! Et par moments, on a beau être des itinérants, on a envie de stationner un peu et de jouir du paysage gagné par les fatigues des jours précédents.</p>
<p>Oui, on aimerait à jouer au sauvage ici, à s’amuser à laisser l’empreinte de son pied nu sur les rochers de la Creuse qui, brune plus en amont, est devenue ici d’un vert presque exagéré.</p>
<p>Quant à la pêche, si nous voyons ici, moins de « pescofis » que plus haut, c’est pourtant à mon avis, plus sympathique et plus tentant qu’avant. On dit que presque toutes les truites on disparu depuis ces quatre dernières années de grande sécheresse, mais on voit et entend encore sauter des poissons honorables qu’il doit être amusant de chercher à la sauterelle derrière les roches.</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-090-scaled.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="Bon endroit de camp"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-090-scaled.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-091.jpg" rel="grid-60" class="item view" title=" La Celle Dunoise "><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-091.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-092.jpg" rel="grid-60" class="item view" title=" La Celle Dunoise "><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-092.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Enfin nous nous arrachons au charme de l’endroit et arrivons à la Celle-Dunoise sous un soleil torride. Enfin, ici, un cordonnier ! J’ai un espoir d’aller jusqu’au bout des vacances avec mes chaussures ce dont je commençais à douter ces derniers temps.</p>
<p>Nous passons une grande partie de l’après-midi en camp fixe à attendre mes godillots. Baignade dans la Creuse, puis, après un faible orage, chaussé de neuf quant à moi, nous mettons le cap au N-N-O et continuons à suivre la Creuse.</p>
<p>Après pas mal de déconvenues quant à l’exactitude de la carte Michelin (exceptionnellement fantaisistes dans cette région) nous trouvons en bordure de la rivière un bon endroit de camp dans un pré encaissé dans la verdure. Verdure des frondaisons et verdure de l’eau qui est incroyablement teintée.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-093.jpg" rel="grid-54" class="item view" title="Après le confluent des deux Creuses"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-093.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-094.jpg" rel="grid-54" class="item view" title="Le début de la Retenue du barrage d’Eguzon
"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-094.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p><span style="text-decoration: underline;">16 Août</span> – L’étape de ce jour se fera, jusqu’à la retenue du barrage d’Eguzon (juste après le confluent de la Petite et de la Grande Creuse) dans un paysage bien fait pour nous mettre, si j’ose dire, en appétit halieutique. La rivière forme de nombreux pools, les berges montrent en bien des endroits des racines, idéales refuges pour les poissons et les rives, souvent boisés, doivent être propices à la « pêche du ramani ».</p>
<p>Après le confluent des deux Creuses, où nous apercevons un camp genre « village nègre » il y a un passage bien curieux. Le début de la retenue du Barrage d’Eguzon noie en partie d’importants rapides formés de très gros rochers qui donnent à l’endroit un aspect quasi-maritime. Et les rives rocheuses et escarpés en falaises vous transportent dans une quelconque anfractuosité de la côte de Bretagne.</p>
<p>Nous déjeunons à l’étroit parmi les éboulis de roches qui roulent jusque dans le lac que commence à former la retenue. Après notre départ nous varappons pour suivre la Creuse, parmi des falaises certaines fort à pic à tel point qu’à un moment je me trouve dans une situation assez critique et à deux doigts de la chute ce qui me fait appeler Jean à la rescousse d’une voix qui, je m’en rends compte, est affreusement angoissé.</p>
<p>Nous longeons ce curieux lac serpentiforme et arrivons à Crozan après un parcours aussi varié que sportif. Après quelques achats, nous nous baignons dans la Creuse (ou ce qu’elle est devenue) for belle en cette endroit.</p>
<p>L’orage habituel, qui, quotidiennement, gronde vers 18 heures, est sur nos têtes, et, ainsi qu’à l’ordinaire, quelques gouttes seulement seront chichement réparties à la terre altérée. Nous n’avons pas le cœur suffisamment… agricole pour nous affliger de cet état de chose.</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-095-scaled.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="A Crozan"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-095-scaled.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-096.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="Que de jolis endroits sur la Sedelle"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-096.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-097.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="Que de jolis endroits sur la Sedelle"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-097.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p><span style="font-weight: 400;">Nous campons dans un affluent de la Creuse, la Sedelle, gentil ruisseau encaissé dans les Gorges si boisées que nous avons bien du mal à trouver les quelques mètres carrés un peu près plat où monter notre abri.</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: 400;">17 Août</span></span><span style="font-weight: 400;"> – Que de jolis endroits sur la Sedelle ! Ce n’est pas sans regrets que nous quittons ce charmant ruisseau, ses roches énormes qui en bousculent le lit (et qui grondent en tremblant sous la force du courant, me dit Jean) et ses rives si magnifiquement boisées.</span></p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-099.jpg" rel="grid-11" class="item view" title="St Sébastien sur le quai"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-099.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-098-scaled.jpg" rel="grid-11" class="item view" title="Ses rives si magnifiquement boisées"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-098-scaled.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>En une heure et demie environ de marche très rapide, car ignorant les heures de trains nous craignons d’en manquer un de très peu, nous atteignons la gare de Saint Sébastien. Là nous attendons sur le quai, dans une bienheureuse paresse consécutive à un copieux casse-croute pris dans un café du coin, le train qui doit nous mener à Argenton sur Creuse que nous souhaitons voir avant la rentrée définitive à Paris qui sera pour demain soir.</p>
<p>Une demi-heure ou une heure de trajet à peine, et nous voici arrivé. La visite de la ville nous déçoit un peu car des photos vues dans la Revue du Touring-Club-de-France, nous faisaient espérer mieux. Il y a pourtant de beaux points de vue.</p>
<p>Comme il fait une chaleur accablante nous cherchons la baignade indiquée sur la carte. Nous la trouvons non sans peine, car, en raison des basses eaux, elle a émigrée bien plus en aval où le fond est plus propice.</p>
<p>Nous passons quelques heures bien rafraichissantes puis décidons de rallier la Bouzanne, petite rivière affluente de la Creuse, à 3 ou 4 km d’ici. Nous y arrivons après avoir essuyé un orage d’une violence peu ordinaire où le ciel se rattrape des orages secs qu’il nous dispensait ces derniers temps.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-100.jpg" rel="grid-50" class="item view" title="Argenton"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-100.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-101-scaled.jpg" rel="grid-50" class="item view" title="St Marcel"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-101-scaled.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Après avoir mendié, et obtenu, une gourde de lait, nous trouvons un coin tranquille au bord de la Bouzanne après la traversée émotionnante d’un pacage où paissent deux taureaux dont un entrevu à la dernière seconde, à deux mètres de lui. Je ne suis décidément pas porté vers la tauromachie !</p>
<p>Reposante mélancolie du dernier camp.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">18 Août</span> – Après un grand nettoyage de nos personnes et un minutieux fignolage de la vaisselle, qui n’en a certes pas l’habitude, nous levons le camp et nous dirigeons vers Argenton où un train nous attend vers 17 heures.</p>
<p>La route parcourue hier sous l’orage, scintille aujourd’hui blanche sous le soleil revenu plus fort que jamais et Jean, peu amateur de grosses chaleurs, n’en mène pas large.</p>
<p>A Saint-Marcel, à la curieuse église à mâchicoulis, nous réchauffons rapidement la nourriture cuite ce matin.</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-103.jpg" rel="grid-20" class="item view" title="Argenton"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-103.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-104.jpg" rel="grid-20" class="item view" title="Argenton"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-104.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-102-scaled.jpg" rel="grid-20" class="item view" title="Argenton"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-102-scaled.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Avant le départ du train nous avons quelques heures à perdre. Nous les employons à compléter notre vision d’Argenton puis, devant, qui une bière, qui un pernod, nous attendons, béatement à l’ombre en ressassant les aventures des vacances qui déjà deviennent des souvenirs.</p>
<p>Le train où nous avons la chance d’avoir des places assises roule vers la Capitale.</p>
<p>Les Vacances sont finies.</p>
<p>Comme à l’ordinaire, j’échafaude déjà de nouveaux projets.</p>
<p>Et, en passant sur la Loire, si proche de Paris avec ces rapides trains électriques, je pense à d’autres vacances d’hier et à d’autres vacances encore… de demain.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-105.jpg" rel="grid-79" class="item view" title="Au bord de la Loire "><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-105.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-106.jpg" rel="grid-79" class="item view" title="Au bord de la Loire "><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1948/08/004-106.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

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		<title>Au Pays des Arvernes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Van Leckwyck]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 1947 18:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet 4]]></category>
		<category><![CDATA[Massif Central]]></category>
		<category><![CDATA[Bourboule]]></category>
		<category><![CDATA[Jean]]></category>
		<category><![CDATA[Marcelle]]></category>
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					<description><![CDATA[Auvergne, 30 juillets au 10 aout 1947 Sur le quai de la gare d’Austerlitz, après le diner d’adieu que mon père nous a offert, nous voici réunis pour le Départ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><strong>Auvergne, 30 juillets au 10 aout 1947</strong></p>
<p>Sur le quai de la gare d’Austerlitz, après le diner d’adieu que mon père nous a offert, nous voici réunis pour le Départ (avec un grand D). Les Vacances commencent (avec un grand V) !</p>
<p>Nous sommes quatre qui avons voulu connaître un coin d’Auvergne à pied et sac au dos.</p>
<p>N°1 : Marcelle : une campeuse de fraîche date qui n’en a pas moins un sérieux entrainement, nous n’avons campé ensemble qu’une fois pourtant : trait caractéristique : est une femme taciturne. Incroyable mais vrai !</p>
<p>N°2 : Paul : l’étudiant en médecine, d’aspect plus sédentaire que les autres et dont la peau blanche attire quelques moqueries sans méchanceté. C’est la deuxième fois que je campe avec lui et c’est un vieux copain pourtant, que j’apprécie à sa juste valeur.</p>
<p>N°3 : Jean : c’est le vieux coéquipier : que de souvenirs communs ! C’est lui qui a décidé Marcelle, sa fiancée, à se joindre à nous.</p>
<p>Je suis le N°4. Encore un « mordu » de la randonnée active.</p>
<p>Maintenant les personnages principaux sont présentés, l’action commence.</p>
<figure id="attachment_786" aria-describedby="caption-attachment-786" style="width: 205px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-786 size-medium" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030-205x300.jpg" alt="Nous avons dix jours pour randonner à travers tout ça" width="205" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030-205x300.jpg 205w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030-768x1126.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030-698x1024.jpg 698w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-030.jpg 1431w" sizes="auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px" /></a><figcaption id="caption-attachment-786" class="wp-caption-text">Nous avons dix jours pour randonner à travers tout ça</figcaption></figure>
<p>En peu de temps (nos bagages sont si simplifiés !) nous sommes casés dans notre coin réservé et faisons nos adieux à mon père et à la mère de Marcelle qui représente l’élément accompagnateur à la gare.</p>
<p>Baisers. Poignées de mains. Mouchoirs qui s’agitent. Nous sommes partis…</p>
<p>Je dirais peu de choses du voyage. Victuailles que l’on engloutit pour passer le temps (10 heures de route !). Projets que l’on discute. Puis, voyage de nuit : sommeils entrecoupés par les arrêts dans les gares. Les autres qui gesticulent, vous tirent de votre sommeil, puis vous reprochent de vous agiter…</p>
<p>1 août – Je me réveille un peu avant l’aube et dans la lumière incertaine qui s’affermit se lentement, je découvre les premiers paysages auvergnats. Que de beauté ! Dire que nous avons 10 jours pour randonner à travers tout ça. Voir les fougères, les futaies, les rochers, et surtout les ruisseaux si charmants ! Veinards que nous sommes…</p>
<p>Enfin, voici la Bourboule, station tant attendue ! Le train nous éjecte et, pendant qu’il stationne nous empêchant ainsi de gagner la sortie sur l’autre quai, nous piaffons d’impatience d’arpenter un sol auvergnat qui soit autre chose que celui d’une gare.</p>
<p>Finalement nous voici dehors après le classique « gardez tout » à la fois impérieux et protecteur dont j’accompagne presque toujours ma remise de billet au préposé et qui le laisse, le plus souvent, pantois et rêveur. Pendant que Paul se documente sur les heures des trains du retour, nous détaillons le point de vue qui s’étend à l’entour : de hautes collines verdoyantes, prairies et forêts, enserrent la ville, et, dans les lointains, les tons bleutés et rosâtres de vraies montagnes encore emmitouflées de brouillard matinal nous offre un échantillon de ce que nous allons connaître ces 10 jours.</p>
<p>Après un ravitaillement aisé mais très cher, nous prenons la route de la Roche Vendeix : le chemin des écoliers pour le Mont Dore que nous atteindrons ce soir.</p>
<p>La route qui monte en lacets est charmante et les framboisiers sauvages qui la bordent ajoutent encore à son charme.</p>
<p>Comme nous sommes partis de très bonne heure bientôt le petit déjeuner se fait rappeler et au bord d’un joli et glacial ruisseau nous faisons halte pour nous restaurer et nous débarbouiller ce qui n’est pas un luxe inutile après une dizaine d’heures passées dans un train dont les flammèches disaient éloquemment qu’il était à vapeur.</p>
<figure id="attachment_787" aria-describedby="caption-attachment-787" style="width: 219px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-787 size-medium" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031-219x300.jpg" alt="Quel panorama nous récompense !" width="219" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031-219x300.jpg 219w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031-768x1052.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031-747x1024.jpg 747w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-031.jpg 1640w" sizes="auto, (max-width: 219px) 100vw, 219px" /></a><figcaption id="caption-attachment-787" class="wp-caption-text">Quel panorama nous récompense !</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Puis, nous repartons et arrivons à la Roche Vendeix, imposant belvédère rocheux, bien plus vite que nous le pensions car nous nageons quelque peu dans notre carte d’état major. Un raccourci nous mène à la route du Mont-Dore mais quelle grimpette : une pente à 75% au moins où nous sommes comme des malheureux, mais quel panorama nous récompense ! La Roche Vendeix se dresse isolée avec ses cultures qui l’habille d’un costume rapiécé et son sommet rocheux veut jouer à la montagne alpine. Autour le paysage est très verdoyant et accidenté. Il est amusant de suivre des yeux la route que nous avons parcourue avec quelque peine (car Phébus tape dur) et qui semble à présent serpenter dans un pays de joujoux où toute est minuscule. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous randonnons maintenant sur le plateau puis décidons de couper à travers bois non sans avoir accordé un coup d’œil au Christ primitif qui sur sa croix de pierre fait face au soleil.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En forêt, comme je suis le seul à avoir une boussole accessible, je me trouve chargé de l’orientation du groupe. Ce n’est pas excessivement brillant et en fait de prendre « un raccourci » nous zigzaguons pas mal. Et pourtant le plus court chemin d’un point… </span></p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-032.jpg" rel="grid-53" class="item view" title="Après une halte où …"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-032.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-033.jpg" rel="grid-53" class="item view" title="… nous nous refaisons à l’ovomaltine"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-033.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Le sous-bois est rempli de petits fruits bleu sombre que Marcelle certifie être des myrtilles : c’est agréable au goût mais le manque de renseignements précis nous en fait user avec parcimonie et je pense qu’en cas d’empoisonnement je n’ai pas de vomitifs dans ma pharmacie.</p>
<p>Après une halte où nous nous refaisons à l’ovomaltine nous rejoignons la route du Mont-Dore. Il fait de plus en plus chaud et Paul inaugure son système qui pour n’être pas très élégant n’en doit pas être moins agréable : il utilise comme chapeau sa cuvette de toile après l’avoir plongée dans l’eau qui ne manque pas : à tous bouts de champs on rencontre des ruisselets limpides et glacés. Quelles tentations de boire ! Prudents, nous nous contentons de nous asperger et de nous rincer la bouche avec cette eau magnifiques… mais inconnue.</p>
<figure id="attachment_792" aria-describedby="caption-attachment-792" style="width: 1520px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-792" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-034.jpg" alt="Des boites pourtant réputées hermétiques" width="1520" height="914" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-034.jpg 1520w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-034-300x180.jpg 300w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-034-768x462.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-034-1024x616.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 1520px) 100vw, 1520px" /><figcaption id="caption-attachment-792" class="wp-caption-text">Des boites pourtant réputées hermétiques</figcaption></figure>
<p>Après une tentative vaine de ma part de trouver un raccourci, nous arrivons en vue du Mont-Dore et à l’ombre de quelques arbres nous stoppons pour déjeuner. A moitié groggy de la nuit quasi blanche du train, Marcelle et Jean préfèrent le sommeil au repas, aussi Paul et moi faisons des prodiges pour absorber toute la viande achetée pour 4 personnes. Las ! nous capitulons à la 3ème escalope…</p>
<p>Et puis c’est la descente sur le Mont-Dore pendant que l’orage s’amasse sur nos têtes et que nous découvrons soudain que le beurre fondu a de grandes aptitudes à se glisser hors des boites pourtant réputées hermétiques.</p>
<p>Nous arrivons en ville où nous nous ravitaillons, expédions du courrier et sirotons un verre dans l’attente d’un orage qui ne vient pas.</p>
<p>Départ pour le Sancy au pied duquel nous comptons camper.</p>
<p>La route monte sans cesse mais doucement et l’imposante masse du Puy de Sancy qui est au bout de nous est un encouragement permanent. Bientôt nous abandonnons la route pour suivre la Dordogne qui dévale du haut de la montagne en deux torrents jumeaux : la Dore et la Dogue = Dordogne. On en apprend de choses en voyage !</p>
<p>Nous camperons sur les bords de cette splendide rivière (qui n’est encore ici qu’un gros ruisseau) où nous trouverons l’eau la plus froide de notre voyage. Paul saigne du nez à s’y débarbouiller et j’ai les pieds engourdis d’y rester à peine une minute. Quel merveilleux frigidaire pour nous. Demain, fait mémorable pendant ces journées si chaudes ; nous utiliserons du beurre ferme.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-036.jpg" rel="grid-37" class="item view" title="Cette splendide rivière qui n’est encore qu’un gros ruisseau"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-036.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-035.jpg" rel="grid-37" class="item view" title="Cette splendide rivière qui n’est encore qu’un gros ruisseau"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-035.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Au diner une ratatouille niçoise me vaut des louanges qui chatouillent agréablement mon amour-propre.</p>
<p>Et puis c’est notre premier camp de vacances. Et dans quel site ! Ça a une autre allure que les plus beaux coins de la région parisienne.</p>
<p>2 Août – Bien qu’handicapés par un départ tardif nous décidons de déjeuner au sommet du Sancy. Jean veut tenter l’escalade avec son sac.</p>
<p>Nous ne sommes pas trop de trois pour le faire renoncer à cette idée que demanderait, pour son exécution, 3 ou 4 heures, car la pente paraît roide et le soleil, presque au plus haut, est caniculaire.</p>
<p>Marcelle prendra donc le téléphérique avec les quatre bardas et les trois garçons monteront à pied ce qui fera dire plus tard à notre amie : « Je suis la seule à avoir fait le Sancy avec les sacs ! ». Mauvaise fois typiquement féminine…</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-038.jpg" rel="grid-99" class="item view" title="Nous commençons l’escalade…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-038.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-037.jpg" rel="grid-99" class="item view" title="La pente parait raide"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-037.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Pendant que la cabine où se trouve Marcelle seule et peu rassurée (je la comprend) s’élève, nous commençons l’escalade. Bientôt nous abandonnons le sentier zigzaguant pour couper directement vers le sommet. Nous y arrivons après 1 heure ½ de transpiration et d’efforts. Rien d’un exploit alpin, mais une très longue côte à 80% peut-être et des pierres qui cèdent et s’éboulent fort à propos.</p>
<p>Nous rejoignons Marcelle qui nous attend dans la gare du téléphérique en épluchant des haricots, et une ovomaltine est la bien venue. De là, un sentier assez facile mène au sommet du Puy qui est assez mathieusé malheureusement surtout qu’il est au environs de 14 heures et le service, interrompu à l’heure du déjeuner, a repris et les deux cabines versent et reprennent leurs flots de touristes.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-0382.jpg" rel="grid-2" class="item view" title="une sente assez sauvage qui …."><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-0382.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-0383.jpg" rel="grid-2" class="item view" title="… serpente par les croupes des massifs"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-0383.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Comme il n’y a pas de bois et assez de vent pour proscrire la méta, nous saucissonnons puis par le versant S-E (un sentier de chèvres) nous gagnons une sente assez sauvage qui serpente par les croupes des massifs avoisinants le Sancy.</p>
<p>Le paysage est très nu et désert et par endroits me donne des réminiscences du Désert d’Apremont, du Val des Mohicans. Naturellement c’est du Fontainebleau multiplié par 50 et la Dame Jeanne fait figure de gros cailloux à côté des Trois Sœurs que nous apercevons là-bas au sud.</p>
<p>Après quelques bifurcations nous sommes assez bien désorientés mais nous arrivons pourtant, comme prévu, à N-D de Vassivières. Après avoir fait eau, nous rejoignons la route goudronnée qui mène à Besse où nous devons passer demain.</p>
<p>Et voici le Lac Pavin qui rend lyrique : on voudrait parler de pierre précieuse dans son écrin de verdures de bijou enchâssé dans la forêt, etc. Mais on voudrait aussi trouver pour camper une place à quelques mètres carrés qui ne soit ni boisée, ni rocheuse, ni trop en pente ; et ce n’est pas facile !</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-039.jpg" rel="grid-53" class="item view" title="Vue en surplomb sur le lac…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-039.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-040.jpg" rel="grid-53" class="item view" title="Au milieu des sapins…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-040.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Nous suivons en vain le chemin circulaire qui ceinture le lac et comme Marcelle en a assez, Jean continue avec deux sacs. Mais il n’en mène pas large et bientôt il se déclare prêt à camper à flanc de coteau. C’est faisable à condition de se ligoter à un arbre pour prévenir la dégringolade nocturne dans le lac et comme j’ai peu de goût pour ce genre de travail je propose (je n’ai que mon sac, moi !) de pousser un peu plus loin où j’ai cru entrevoir tout à l’heure, de plus loin, une place qui peut-être…</p>
<p>Béni soit Dieu une place épatante se révèle : vue en surplomb sur le lac, au milieu de sapins, terrain assez plat et pas trop dur. Une merveille !</p>
<p>Bientôt, après un diner qu’on voudrait plus rapide, c’est le sommeil et nous en avons besoin.</p>
<p>3 Août – C’est ce matin au petit déjeuner que Paul, qui ne fait jamais de cuisine, nous révélera pourtant sa spécialité : il sera le maitre es délayage du groupe. Jusqu’ici nous ingurgitions généralement des mixtures-petit-déjeuneresques où il y avait autant à boire qu’à manger, mais ce matin le toubib nous apprend ce qu’est un phoseao onctueux et sans grumeaux.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-042.jpg" rel="grid-49" class="item view" title="A Besse
Quel bourg pittoresque
"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-042.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-041.jpg" rel="grid-49" class="item view" title="Avec ses maisons en lave noire"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-041.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Comme d’habitude nous trainons le matin : photos, raccommodages, corvées d’eau (lointaine, l’eau).</p>
<p>Nous n’arrivons à Besse que vers 12h ½ et nous nous ravitaillons facilement et à des prix moins exorbitants que dans les villes d’eau.</p>
<p>Quel bourg pittoresque avec ses maisons en lave noire. Nous ne nous y attardons pas assez. Suffisamment pourtant pour que le pernod exerce sur moi ses perfides ravages ; heureusement, une fontaine est là toute proche qui me remettra les yeux en face des trous.</p>
<p>Nous avons décidé de déjeuner au lac de Bourdouze, aussi partons-nous assez rapidement vers lui. Malgré les pauses, la fin du trajet est assez pénible car l’ombre a disparu et la route monte, aussi nous nous essaimons au long du parcours quand un coup de sifflet retentit. Paul et moi qui sommes en tête, nous nous retournons : Marcelle n’en peut plus et fait une pause. Une pause, sous ce soleil d’uranium fondu ? (Il est aux environs de 14 heures). J’aime mieux forcer jusqu’au lac où la carte d’E.M. indique quelques ombrages.</p>
<p>Avec Paul, en fourriers, nous y arrivons en eau. Hélas ! ce n’est qu’une étendu d’eau plus ou moins marécageuse sur un plateau assez nu : juste quelques sapins là-bas à droite. Il faut les joindre à tout prix sinon l’insolation nous guette. Nous essayons de couper à travers un marécage plus ou moins asséché, mais comme ça enfonce d’une manière peu encourageante, Paul et moi faisons demi-tour et invitons par gestes à en faire autant les deux autres qui apparaissent sur la crête derrière nous.</p>
<p>Enfin une espèce de ponceau nous permet d’atteindre la terre promise des sapins. Il est tard. Si tard qu’après le déjeuner et un bienfaisant repos, notre montre marquera 18 heures. Nous avons intelligemment choisi pour marcher les heures les plus chaudes de la journée. Or demain devrait être une journée de repos suivant notre itinéraire, et nous sommes encore à 9 km environ du Lac Chauvet auprès duquel nous devions camper ! Suffisamment retapés maintenant, nous décidons une marche de nuit pour l’atteindre. Nous aurons le temps de nous reposer demain et ceci dans un paysage qui n’aura pas de mal à être mieux que celui-ci. Nous repartons donc, et, malgré les fantaisies de notre carte d’EM nous trouvons le Lac de Montcineyre où Jean se baigne pendant que les trois autres se lavent plus sommairement.</p>
<p>Et dans la nuit qui vient, nous piquons plein Ouest…</p>
<figure id="attachment_803" aria-describedby="caption-attachment-803" style="width: 1820px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-803" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043.jpg" alt="Le lac de Montcineyre" width="1820" height="1281" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043.jpg 1820w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043-300x211.jpg 300w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043-768x541.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-043-1024x721.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 1820px) 100vw, 1820px" /></a><figcaption id="caption-attachment-803" class="wp-caption-text">Le lac de Montcineyre</figcaption></figure>
<p>Après une période d’obscurité complète qui rend impressionnante la moindre colline à gravir et d’aspect redoutable le plus petit ruisseau à sauter, voici enfin la Lune qui se lève et nous éclaire mieux que la lampe électrique que nous devons ménager.</p>
<p>Nous randonnons dans des prés très vastes qui, sous la clarté lunaire, semblent immenses et seulement limités par les collines que nous voyons là-bas.</p>
<p>C’est féérique et donne une impression d’un autre monde. Un silence magnifique règne seulement troublé, par moments, par le vent et de lointaines sonnailles de troupeaux.</p>
<p>Le terrain, assez aisé jusqu’à présent nous donne maintenant du fil à retordre : voici un rideau d’arbres qui se transforme bientôt en maquis. Jean et moi, vieux durs-à-cuire, ça va, mais des fléchissements se produisent chez les autres deux.</p>
<p>Marcelle n’est pas loin de déclarer forfait et est fort « impressionnée » par l’obscurité, surtout en sous-bois. Quant à Paul il ne se plaint guère mais sa vaillance est mise à rude épreuve car le malheureux est brûlé de coups de soleil et les branches plus ou moins épineuses ne l’épargnent pas. Réminiscence d’un cas semblable, pour moi, dans le Jura, l’année dernière.</p>
<p>Une halte-ovomaltine est décidée pour remonter le moral des troupes après laquelle les deux plus valides partent en exploration et sont assez heureux pour découvrir un sentier malgré tout plus adéquat à la progression que le maquis au milieu duquel nous nous débattions.</p>
<p>Après être sortis du bois, nous passons un dernier ruisseau et abordons à nouveau les pacages dont la traversée est saluée par les abois des chiens d’une ferme voisine qui longtemps donnent de la voix. Il est à craindre que cela n’influence défavorablement le sommeil, et, par là, les bonnes dispositions des paysans à notre égard. Enfin une route goudronnée nous permet de nous réorienter car nous « nagions » depuis quelques temps. Nous franchissons une rivière (sur un pont cette fois) et après une grimpette terriblement dure, pour moi, du moins, nous ne voyons toujours pas le Lac Chauvet qui doit être tout proche pourtant. Nous nous égaillons en tirailleurs : tout d’un coup je l’aperçois : des coups de sifflets triomphaux en avertissent mes amis qui se rabattent sur moi.</p>
<p>Après quelques recherches pour trouver un coin idoine, nous montons nos tentes et dinons avant de sombrer dans un sommeil réparateur.</p>
<p>Il est aux environs de 3 heures du matin.</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-045.jpg" rel="grid-38" class="item view" title=""><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-045.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-044.jpg" rel="grid-38" class="item view" title="La ferme qui se dresse de l’autre côté du lac"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-044.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-046.jpg" rel="grid-38" class="item view" title="Un splendide coucher de soleil magnifie le lac"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-046.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>4 Août – Aujourd’hui, jour de repos. Après un lever tardif amplement justifié par la journée, plus spécialement la nuit, d’hier, nous petit-déjeunons. Puis, Jean et moi, allons au ravitaillement dans la ferme qui se dresse de l’autre côté du lac. Fromage. Pommes de terre. Pain. Eau fraîche. Mais que la promenade autour du lac est donc jolie !</p>
<p>Nous passons la journée en lessive, raccommodage, baignade, cuisine fignolée, etc. et dolce farniente.</p>
<p>Un splendide coucher de soleil magnifie le lac, puis une veillé à l’harmonica autour du foyer qui meurt finit la journée.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-047.jpg" rel="grid-32" class="item view" title="Le temps est maussade et le soleil boudeur"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-047.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-048.jpg" rel="grid-32" class="item view" title="Aux fermes…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-048.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>5 Août – Ce matin après l’orage de cette nuit le temps est maussade et le soleil boudeur ne se montre que de courts moments pour se faire mieux regretter. Bon temps pour la marche aussi les bornes défilent. Nous nous ravitaillons en route aux fermes, puis à Picherande (où un cordonnier au grand cœur et ennemi du marché noir regrette de n’avoir pas de chaussures à ma taille : 700 francs, sans bon !)</p>
<p>Il commence à bruiner mais un toit de verdure nous met à l’abri et nous permet même d’allumer un feu et de manger chaud.</p>
<p>Ensuite le temps paraît s’éclaircir et nous continuons sur La tour d’Auvergne sous des nuages bas qui se déchirent aux collines en guenilles grises ou blanches.</p>
<p>Nous obliquons sur la gauche 2 km avant La tour, vers la cascade du Pont de Pierre où nous voulons camper. Malgré les renseignements qu’on nous fournit, nous avons quelques peines à la trouver et tout d’un coup nous voici devant un à-pic assez impressionnant. Un sentier (ou un lit de torrent à sec ?) nous permet de descendre dans la vallée où serpente la rivière qui forme la Cascade. Des défaillances se manifestent.</p>
<p>Jean nous estime perdus ou bien voit dans une cascatelle minuscule la Cascade que nous cherchons.</p>
<p>Quant à Marcelle suivant son habitude elle ne se plaint pas, mais son attitude est suffisamment éloquente pour que Paul l’allège de son sac et s’en charge en plus du sien.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-049.jpg" rel="grid-33" class="item view" title="Cascade du pont de Pierre"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-049.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-050.jpg" rel="grid-33" class="item view" title="Quel coin de camps !"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-050.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Enfin nous trouvons cette fameuse Cascade du Pont de Pierre et malgré la pénombre elle se révèle assez jolie pour ne nous pas faire regretter la difficulté que nous avons eu à la découvrir. Quel coin de camps !</p>
<p>Nous montons les tentes relativement loin l’une de l’autre car les emplacements sont exigus.</p>
<p>6 Août – Ce matin le ciel est encore couvert aussi les photos s’en ressentiront-elles malgré la beauté des sujets.</p>
<p>Par des chemins de traverse pittoresques nous atteignons La Tour-d’Auvergne où je reste seul à attendre l’ouverture de la poste où j’ai à faire pendant que les trois autres vont de l’avant.</p>
<p>Et comme je les rejoins, je trouve, sur un sentier… un louis d’or ! Voilà qui amortira mes frais de vacances. Sacrés Auvergnats faut-il qu’ils travaillent de la lessiveuse pour semer ainsi l’or sur les chemins !</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-051.jpg" rel="grid-6" class="item view" title="Tauves où le pain manque depuis 4 jours"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-051.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-052.jpg" rel="grid-6" class="item view" title="Aux granges"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-052.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Je retrouve ensuite mes trois amis qui, en bordure d’un ruisseau, non loin de la route, préparent le déjeuner. Déjeuner au cours duquel Marcelle nous démontre l’art de faire sauter les pommes de terre, chose qu’aucun gars ne savaient faire correctement. Paul, Jean ou moi commencions d’abord des patates sautées, puis se rabattaient sur des pommes de terre en ragoût quand ça commençait à attacher, et souvent, on finissait par manger de la purée en bénissant le ciel quand elle n’était pas brûlée.</p>
<p>Nous arrivons aux Granges, deux kilomètres après Tauves où le pain manque depuis 4 jours (merci, Monsieur le Ministre de Ravitaillement). Nous nous éparpillons à la recherche de ravitaillement. Quand je retrouve les autres ils me disent avoir 6 œufs. « Du courage ! Soyez forts ! Leurs dis, j’en ramène 17 ! Et 1 litre ½ de lait ! » C’est la surproduction dans toute son horreur.</p>
<p>Quoi d’étonnant que nous mangions une omelette ce soir-là ?</p>
<p>7 Août – Le temps paraît s’être définitivement remit au beau, ce matin. Pendant que nous prenons le petit déjeuner je reprise mes chaussettes à la grande surprise d’une bergère qui nous observe et qui ne nous cache pas son admiration étonnée pour les gars de la ville aux habitudes peut-être curieuses mais bien utiles.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-053.jpg" rel="grid-10" class="item view" title="l’entrée des gorges"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-053.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-054.jpg" rel="grid-10" class="item view" title="la sente à flanc de coteau"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-054.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>ce matin, en route, nous faisons quelques rencontres…. émotionnantes : d’abord celle d’une troupe de bovins parmi lesquels un taureau à l’air pas calme pour deux sous et qui, en nous voyant meugle en baissant la tête pour nous montrer les cornes d’une manière que je juge inamicale. Deuxième rencontre : une vipère lovée sur le talus de la route et qui s’empresse de mettre de l’espace entre elle et nous. Ça vaut mieux.</p>
<p>Et voici Avèze à l’entrée des gorges qui portent son nom et où nous sommes impatients de retrouver la Dordogne non revue depuis le Sancy. Nous faisons des vivres dans ce pays qui n’a pas vu de pain de Ravitaillement depuis 15 jours set où le seul brignolet à trouver est au noir.</p>
<p>Un estropié nous indique aimablement le sentier qui nous descendra au fond des Gorges. Parcours splendide qui rappelle les Ardennes en plus d’un endroit. La sente, à flanc de coteau zigzag parmi les sapins dont certains de tailles respectables. D’autres arbres, abattus par le vent, paraissent en travers du chemin.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-055.jpg" rel="grid-74" class="item view" title="Un gentil pont rustique"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-055.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-056.jpg" rel="grid-74" class="item view" title="une belle rivière…"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-056.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-057.jpg" rel="grid-74" class="item view" title="… tumultueuse 	"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-057.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-058.jpg" rel="grid-74" class="item view" title="à gué"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-058.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Au fond des gorges quel enchantement ! La Dordogne, qui a grossi depuis notre première rencontre, est maintenant une belle rivière tumultueuse qui coule dans une vallée étroite où de petits pré prennent le peu de place libre entre les versants rocheux ou boisés mais toujours abruptes. Un gentil pont rustique enjambe l’eau.</p>
<p>Nous décidons de descendre les gorges, d’abord par la route, à flanc de coteau, puis, si possible, par le fond même où il n’y a plus ni route ni sentier.</p>
<p>Après un bon déjeuner auprès de la belle Dordogne nous partons vers l’aval.</p>
<p>Une heure après environ Marcelle a une défaillance. C’est mon tour de porter son sac. Mais sur un terrain aussi à pic que celui où nous descendons à présent ce n’est pas toujours sans difficultés.</p>
<p>De nouveau en arrivant en bas nous replongeons en pleine féérie. Nous progressons dans un paysage magnifique et la fraîcheur de la Dordogne, que nous devons traverser à gué plus d’une fois, nous fait mieux apprécier le bon soleil qui va nous quitter pour se coucher derrière les hautes collines qui nous enserrent.</p>
<p>Parfois nous traversons la rivière sur des passerelles faites d’une poutre à peine équarrie avec pour main courante un simple filin qui se balance presque dangereusement pour notre équilibre. La dernière passerelle rencontrée c’est encore mieux : une simple planche. Mais une planche de 10 ou 12 mètres de long au-dessus d’eau qui justement gronde en écumant à cet endroit</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-059.jpg" rel="grid-18" class="item view" title="PASSERELLES"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-059.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-060.jpg" rel="grid-18" class="item view" title="PASSERELLES"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-060.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-061.jpg" rel="grid-18" class="item view" title="PASSERELLES"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-061.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Nous nous désaltérons dans une auberge d’un hameau isolé puis repartons à la recherche d’un campement car il commence à se faire tard.</p>
<p>Nos tentes se dresseront en bordure de la rivière, dans un pré qu’enserrent collines et forêts.</p>
<p>Le plus beau camp des vacances, à mon goût.</p>
<p>8 Août – Ce matin, levé de bonne heure,  je suis retournée à l’auberge d’hier. Je reviens avec lait, pain et œufs : je suis du dernier bien avec la patronne. Après un copieux petit déjeuner nous levons le camp.</p>
<p>Quelle étape ! Une rive puis l’autre du cours d’eau devenant impraticable, nous passons à gué plus de dix fois car il n’est même plus question de passerelle ici : la vrai nature.</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-062.jpg" rel="grid-45" class="item view" title="Nous déjeunons dans un ilot sableux"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-062.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-063.jpg" rel="grid-45" class="item view" title="Nous déjeunons dans un ilot sableux"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-063.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-064.jpg" rel="grid-45" class="item view" title="Plus question de passerelles ici"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-064.jpg" alt="">
                </a>
        </div>

<p>Nous déjeunons dans un ilot sableux qu’entoure un paysage merveilleux de calme et de sauvagerie, puis nous continuons à chercher un sentier qui devrait se trouver à droite.</p>
<p>Finalement nous disons adieu à la Dordogne et remontons par la vallée d’un de ses affluents jusqu’au plateau d’où la vue s’étend très loin. Nous voyons tout le massif du Sancy où nous avons randonné il y a quelques jours seulement.</p>
<p>Enfin un pays où nous allons faire le point car nous sommes un peu égarés. Ce doit être Planchadelle.</p>
<p>« Pardon, Madame, comment s’appelle le pays ? » demande Jean à une vieille indigène.</p>
<p>Pas un mot de réponse !</p>
<p>Je m’enhardis à poser la même question à une autre :</p>
<p>« Y’en a pas ! » me répond-elle d’un ton péremptoire…</p>
<p>Bizarre n’entendrait-on point le français, ici ?</p>
<div class="photoGrid two clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-065.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="Gorges d’Avère"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-065.jpg" alt="">
                </a> <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-066.jpg" rel="grid-60" class="item view" title="Vallon Perdu"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-066.jpg" alt="">
                </a>
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<p>Tout s’explique avec d’autres personnes pour qui notre langage parait intelligible. Nous sommes à Pradelles et il apert que nous avons descendu les gorges d’Avèze bien plus loin que prévu, presque jusqu’au confluent du Chavannon, rivière que nous allons remonter maintenant vers Eygurande, le terminus.</p>
<p>A Savennes, après un ravitaillement laborieux mais finalement substantiel, nous buvons un coup malgré l’indignation de Jean qui proteste son attachement au régime sec, pour ce soir, car il set déjà tard. Pouvions-nous agir autrement après avoir fait le plein d’eau et demandé la monnaie de mille francs au seul café du pays ? Quoiqu’il en soit Jean est vexé que nous ayons passé outre à ses conseils et il fera la tête pendant près d’une heure ! Ce qui est bien rare chez lui.</p>
<p>Nous avions décidé de camper ce soir près de Chavannon, mais, nous nous égarons dans un chemin de traverse et nous aboutissons finalement dans la vallée d’un de ses affluents, qui baptisé par nos soins du nom de Vallon Perdu, servira de cadre à notre camps de ce soir. C’est gentil d’ailleurs non loin d’un ruisselet et au milieu de petits sapins.</p>
<figure id="attachment_827" aria-describedby="caption-attachment-827" style="width: 194px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-827" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067-194x300.jpg" alt="Un enchevêtrement invraisemblable" width="194" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067-194x300.jpg 194w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067-768x1187.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067-662x1024.jpg 662w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-067.jpg 1275w" sizes="auto, (max-width: 194px) 100vw, 194px" /></a><figcaption id="caption-attachment-827" class="wp-caption-text">Un enchevêtrement invraisemblable</figcaption></figure>
<p>Réellement Jean n’est pas à prendre avec des pincettes ce soir. Voilà que pour une ridicule histoire de partage d’œufs, il prend la mouche une fois encore ! Décidément il n’est pas dans son assiette…</p>
<p>Puisse la nuit, maintenant complètement tombée, lui calmer les nerfs.</p>
<p>9 Août – Ce matin marque le début de notre dernière journée à quatre. Demain Marcelle et Paul reprennent le train pour Paris. Jean et moi, plus chançards, le prenons pour Aubusson et finirons les vacances en canoë sur la Creuse.</p>
<p>L’étape d’aujourd’hui comprend d’abord la traversée d’une zone récemment déboisée où les arbres laissés sur place forment un enchevêtrement invraisemblable au milieu des branches duquel nous nous frayons un passage non sans peine ni microtraumatismes. A la fin nous sortons quand même de ce fouillis inextricable mais c’est pour nous enfoncer dans un maquis qui devient de plus en plus épais.</p>
<p>C’est au moment où nous finissons par émerger dans le fond de la vallée où se trouve un espace libre, que l’orage, qui menaçait depuis un moment, éclate.</p>
<p>Nous nous réfugions sous les feuilles et en profitons pour préparer notre déjeuner car il se fait déjà tard. Bientôt malgré la pluie qui tombe à verses, un feu de bois brûle.</p>
<p>Le déjeuner terminé la pluie est calmée et je profite de l’éclaircie pour partir en éclaireur. Je découvre le Chavannon à 500 mètres de là. Une eau pas ordinaire : si noire que par 20 cm de profondeur le fond est invisible !</p>
<p>Je fais demi-tour, et nous repartons à quatre. Quand nous arrivons à la rivière l’orage reprend et sous nos capes imperméables nous patientons.</p>
<p>Tout à coup la foudre tombe bougrement près pour notre goût, à 200 m peut-être mais dans ces gorges ça résonne fort et l’incident produit parmi nous des « mouvements divers ».</p>
<p>Enfin la pluie se ralentit et il bruine doucement : çà parait bien parti pour durer des heures. Or nous devons passer à gué. Que faire ? Attendre encore ? Nous avons déjà perdu assez de temps.</p>
<p>Jean et moi irons en fourriers : ce n’est rien : 30 ou 40 cm d’eau au plus profond, mais avec cette eau noire, sous la pluie qui tombe et avec le tonnerre qui gronde sourdement, c’est assez impressionnant.</p>
<p>Nous atteignons l’autre rive où nous laissons nos sacs pour avoir plus de liberté dans les mouvements pour aider les deux autres.</p>
<p>J’hésite à abandonner nos affaires sans protection sous la pluie, aussi j’enlève ma cape imperméable et les en recouvre. Quand à moi, plutôt que de mouilles mes effets, je « tombe » short et chemise et les mettant également à l’abri je repars avec Jean en slip linge pour chercher le reste de la troupe.</p>
<p>Grâce à une bosse de canoë que nous avons emportée dans l’espoir de faire du varappage nous nous encordons et assurons ainsi le passage de Marcelle et Paul, assez émotionnant pour deux non nageurs avec ces pierres qui glissent tant et plus.</p>
<p>En slip linge sous la flotte et les autres en capes imperméables, je dois avoir l’air original, pour le moins.</p>
<p>Je me sèche, me rhabille et longeant la voie de chemin de fer, nous allons vers Eygurandes sous une bruine qui tombera encore pendant près d’une heure.</p>
<figure id="attachment_828" aria-describedby="caption-attachment-828" style="width: 207px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-828" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068-207x300.jpg" alt="Longeant la voie de chemin de fer, nous allons vers Eygurandes" width="207" height="300" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068-207x300.jpg 207w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068-768x1115.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068-705x1024.jpg 705w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-068.jpg 1404w" sizes="auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px" /></a><figcaption id="caption-attachment-828" class="wp-caption-text">Longeant la voie de chemin de fer, nous allons vers Eygurandes</figcaption></figure>
<p>A deux kilomètres avant Merlines, là, au fond des Gorges quel coin splendide pour camper. Et combien impressionnantes sont les gorges sous ce ciel si bas que les nuages s’effilochent aux rochers. Pendant que Marcelle et Paul poussent jusqu’au pays, because ravitaillement, les deux autres, avec les 4 sacs (deux sacs par personne doivent être un maximum, à mon avis) descendons vers le camp futur.</p>
<p>En  route on nous déconseille l’endroit, le propriétaire étant, parait-il, une espèce de sauvage qui reçoit les campeurs à coups de bâton et les raccompagne à coups de pierres.</p>
<p>Diplomates, nous nous dirigeons directement chez le terrible terrien à qui je dispense tant de coups de chapeau et de bonnes paroles qu’il devient très accueillant et pousse l’amabilité (ou la méfiance) à nous guider et à nous accompagner jusqu’au coin que nous avons choisi et où le reste du groupe nous rejoint bientôt.</p>
<figure id="attachment_829" aria-describedby="caption-attachment-829" style="width: 1516px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-829" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069.jpg" alt="dernier camp à quatre" width="1516" height="913" srcset="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069.jpg 1516w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069-300x181.jpg 300w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069-768x463.jpg 768w, https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-069-1024x617.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 1516px) 100vw, 1516px" /></a><figcaption id="caption-attachment-829" class="wp-caption-text">dernier camp à quatre</figcaption></figure>
<p>Pour ce dernier camp à quatre, nous sommes dans un endroit grandiose et fantastique dont l’eau noire, les rochers sombres, et la brume épaisse, qui glisse par nuages dans les gorges, ne font qu’accentuer le caractère lugubre. Pour souligner l’ambiance il faut se souvenir que le propriétaire nous a prévenus que c’était pourri de vipères « rouges et noires » et que l’eau était mortelle. C’est tout.</p>
<p>10 Août – Ce dernier matin, fait assez extraordinaire, Paul s’est levé de bonne heure car il doit tailler sa barbe (qu’il s’est laissé pousser comme moi) et, de plus, aller à la messe avant de prendre son train auquel je l’accompagne quelques heures après.</p>
<p>Nous nous quittons après un Pernod d’adieu et je vois encore sa tête nouvellement barbue monter dans le wagon.</p>
<p>Quant à Marcelle il a été décidé qu’elle passera encore cette journée avec nous et ne prendre le train que de nuit.</p>
<p>J’ai rendez-vous avec les deux autres (qui ne sont pas venus jusqu’à la gare) devant l’église de Merlines. C’est une de ces gentilles églises de campagne qui me font parfois regretter de n’être pas croyant</p>
<p>Je suis assis sous son porche depuis 10 minutes à peine que Marcelle et Jean m’y rejoignent : nous partons pour Merlines – gare où se trouvent le bourg et les commerçants. Il est bien tard et tout est fermé mais, heureusement, une brave mercière me cède légumes et graissage dont nous avons bien besoin.</p>
<p>Nous partons vers Eygurande et faisons halte pour déjeuner près d’un ruisseau. Une pluie torrentielle nous oblige à nous abriter sous nos capes, puis sous la tente montée en hâte.</p>
<p>Nos haricots verts ne sont même pas à moitié cuits mais l’eau a déjà bon goût et additionnée de Viandox ça donne une soupe épatante. Quant aux haricots eux-mêmes je suis le seul à les apprécier vraiment.</p>
<p>La pluie se calmant, je pousse seul jusqu’à Eygurande pour passer à la poste et compléter le ravitaillement. Dans les fermes du coin, rien à faire, c’est le classique « Ah ! pauv’on a rien ! ». Une fermière a même dit hier à Paul « Ah ! pauv’on est plus malheureux que ceux qu’en ont pas ! » alors qu’il demandait du lait.</p>
<p>Dans la soirée nous rentrons à Merlines et, comme le temps est maussade et que cette demie journée d’inaction forcée nous a rendu paresseux, nous décidons, une fois n’est pas coutume, de diner au restaurant.</p>
<p>De là nous retournons au café où nos sacs sont en consigne et nous commandons des consommations pour tuer le temps : deux heures avant nos trains.</p>
<p>Marcelle dort, Jean somnole, j’écris du courrier et petit à petit le temps s’écoule.</p>
<p>Nous sortions dans la nuit brumeuse et brusquement froide et nous n’avons guère chaud sur le quai de la gare.</p>
<p>Baisers. Poignée de main. Le train est parti…</p>
<p>Le nôtre est là qui nous attend. Nous trouvons un compartiment vide où allonger nos anatomies et où nous entretenons le vide par des toux bruyantes, catarrheuses et peu encourageantes pour les malheureux qui s’y hasardent puis, vite, abandonnent le coin aux deux simili-tubars.</p>
<p>Les vacances pédestres sont finies : place au canoë !</p>
<div class="photoGrid three clearfix full-width-element">  <a href="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-070.jpg" rel="grid-30" class="item view" title="AUBUSSON"><img decoding="async" src="https://mille-camps-et-plus.fr/wp-content/uploads/1947/07/004-070.jpg" alt="">
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